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21 juillet 2012

Boulette transparente

 

Les détails sont importants, mais l'image publique les ignore, et la politique oblige à prendre en cet écart. Qu'est-ce qui s'est passé avec l'amendement proposé par Charles de Courson, député centriste ayant navigué, depuis 2007, entre Bayrou, le Nouveau Centre et Sarkozy ?

La fin de l'épisode est désormais bien connue :

La proposition de l'élu de la Marne n'a guère soulevé l'enthousiasme de ses collègues : l'amendement n'a obtenu que trois votes favorables sur une vingtaine de députés présents en commission.

Et le resultat fut l'expression de beaucoup saine colère, de tous bords d'ailleurs. Par exemple, sur Atlantico :

Une erreur parce qu’une représentation nationale qui ne fait pas corps avec le peuple qui l’a élue, qui n’en partage ni les efforts ni les épreuves, est une représentation nationale sans aucune légitimité. Au moment où chacun sent bien qu’il faut « prendre sur soi », l’écoeurant spectacle de ces petits marquis qui refusent de se soumettre aux rigueurs qu’ils imposent au peuple français n’est pas admissible, et sape pour longtemps le droit de cette assemblée à parler en notre nom.

Par exemple…

Pendant le Président de la République et le gouvernement se font critiquer parce qu'ils ne voyagent pas en avion, la mesquinerie de la Commission des Finances n'a pas bon effet.

3 novembre 2007

L'origine du régime présidentiel

Certains (via betapolitique) disent que «Le comité Balladur s’inscrit dans la logique du régime du prince président Napoléon III». Mais voici la vraie logique de la « réforme institutionnelle » souhaitée par notre Président, du moins pour ce qui concerne le droit d'aller parler à l'Assemblée:

17 juin 2007

Ouf

Oui: ouf.

Car la défaite de la gauche ce soir est tellement en-deça de ce à quoi nous nous étions si bien préparés par des médias cherchant à noyer cette élection. Finalement, le « rouleau compresseur » sarkozyzte n'aura pas fonctionné. La gauche perd, mais regagne du terrain, augmente le nombre de ses sièges au parlément, sauve plus que les meubles, etc.

Et dégomme Alain Juppé au passage.

(Sans parler de Carignon, ce qui me fait encore plus plaisir.)

Il est permis d'espérer que la lune de miel sarkozyste est terminé, ou du moins en train de se ternir légèrement. Surtout, surtout, nous n'aurons pas à supporter le triomphalisme d'une droite persuadée qu'absolument tout lui est dû, et que le fameux « peuple qui s'est levé » le 6 mai lui est pour toujours acquis.

A chaud donc, il me semble que le point le plus positif à retenir de cette petite victoire ou petite défaite, c'est l'inflexion qu'elle inflige au trajectoire sarkozyste.

Cependant, mon opinion sur l'utilité de l'Assemblée Nationale n'a pas changé.

11 juin 2007

La nouvelle majorité UMP au Secretariat National

J'entends, en passant, Patrick Devedjian à la radio ce matin, se félicitant naturellement de la Vague Bleue d'hier, et commentant le statut de la future opposition et du parlément en général. "L'Assemblée, dit-il à peu près, ne sera pas une chambre d'enregistrement." Avant d'insister sur le fait que les députés ont beaucoup de travail pour bien élaborer leurs lois. Lois, il va sans dire, qui seront dictées par... j'allais dire : par le gouvernement, mais évidemment je voulais dire : par l'Elysée. Le Sécretariat National aura donc pour fonction de décider du nombre et de la place des virgules dans les textes qu'il recevra. Nous voilà rassurés. Et moi qui disais que l'Assemblée ne servait plus à rien...

Devedjian continue en soulignant à nouveau le sacrosanct esprit d'ouverture du gouvernement Sarkozy, censé, visiblement, rendre obsolète l'idée même d'une opposition. La prise du pouvoir de l'UMP ressemble de plus en plus à la démarche d'une grande entreprise qui, pour maintenir son monopole sans qu'on puisse le remettre en cause, garde en vie artificiellement quelques concurrents potiches. Sarkozy est en train de réussir son OPA sur l'opposition.

Hier soir sur TF1, Delanoë s'énervait assez bruyamment contre la droite, se plaignant un peu vainement du peu la place qu'aura la future opposition. Ce n'est pas l'opposition juste parce que Sarkozy lui octroie quelques miettes de pouvoir, disait-il en substance. Ce qui est vrai, même si la faiblesse de l'opposition ne peut pas être tout à fait la faute du pouvoir sarkozyën... à moins d'accepter implicitement que c'est lui qui doit décider de combien de sièges le PS occupera. Nous n'en sommes pas encore là, en tout cas pas tout à fait. A vrai dire, je suis persuadé que le nombre de sièges occupés par l'opposition importe très peu dans ces dernières années de la Ve République.

Dernière remarque avant de laisser partir ma connexion à l'internet : j'étais surpris de voir les comportements de Fabius et Delanoë sur le plateau de télé hier soir. Delanoë était en grand forme et cherchait visiblement à s'imposait comme un personnage clé de la contestation (je préfère à "opposition" pour l'instant). Fabius semblait décidé à le laisser faire. Avant-première du nouveau Delanoë ?