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12 juin 2012

Front National : Que l'UMP continue

 

On s'énerve beaucoup aujourd'hui. Surtout autour du tweet désastreux de Valérie Trierweiller. Des voix s'élèvent pour dire que cela nous distrait des marchandages entre le Front National et l'Union pour un Mouvement Populaire (UMP), qui arrangent tranquillement leurs désistements dans l'ombre médiatique.

C'est donc l'heure des distinctions. Je ne serais pas choqué par l'entrée d'élus frontistes à l'Assemblée Nationale. J'encourage l'UMP d'assumer pleinement sa dérive droitière, pas dans l'ombre mais en plein jour. Allez-y les gars. Profitez.

21 mai 2012

L'UMP accepte enfin l'islamophobie

 

Marine Le Pen dit : "je suis la chef de l'opposition au système".

Marine Le Pen dit : "l'immense majorité des électeurs de l'UMP se sentent beaucoup plus proches de nous que de leurs dirigeants qui tendent à gauche."

Il y a seulement quelques mois, devant de tels propos, on aurait conclu à l'hyberbole habituelle de la famille Le Pen. Aujourd'hui, alors que Le Pen fait un score, certes impressionnant, mais seulement un peu mieux que son père en 2002, nous sommes obligés de la prendre un peu plus au sérieux.

La première phrase vise Mélenchon d'abord, l'UMP ensuite. La seconde explique, à propos de l'UMP, que Madame Le Pen est déjà, idéologiquement, à la pointe, à la tête, du sentiment populaire de la droititude.

14 mai 2012

Il faut être meilleurs

 

C'est mon slogan imaginaire pour les législatives : "il faut être meilleur". J'avais commencé une série de billets sur ce qui serait ma campagne présidentielle idéale. Le slogan était "Les énergies de la France". Il y avait quatre billets en tout (j'ai dû passer à autre chose), dont deux consacrés au fret férroviaire.

Je ne promets de faire une série de billets cette fois. C'est hollandais : je ne m'engage pas si je ne suis pas sûr respecter mon engager. Sous Sarkozy on était libres de s'engager à tout va, cela n'avait aucune espèce gravité.

19 juin 2007

Borloo et la phrase assassine

La question de la TVA "sociale-anti-délocalisation" a joué un grand rôle dans le vote de dimanche qui a permis à la gauche de reprendre une quarantaine de sièges à l'Assemblée, alors même que le seul inconnu devait être l'ampleur de l'invincible "Vague bleue". En elle-même, la hausse de la TVA est impopulaire, mais surtout, cet épisode a montré un nouveau visage du gouvernement Sarkozy, un gouvernement qui cafouille, et qui cherche à dissimuler ses véritables projets pour après l'élection. Dans un sens, la "TVA sociale" a fourni un exemple de ce que pourrait être une droite sans contre-pouvoir. (Même si nous n'avons toujours pas de véritable contre-pouvoir.)

Et c'est Laurent Fabius qui a posé la question par laquelle tout a commencé.

Ce soir-là, le soir de la seule "Vague bleue" qu'on aura vue, finalement, la droite triomphait, et ne s'est pas méfiée de la petite question de Fabius. Borloo, en particulier, avait en permanence un grand sourire goguenard, si content d'avoir atomisé le PS. Aujourd'hui il est devenu le bouc-emissaire de l'UMP, au point même où Sarkozy le punirait en lui donnant l'ancien siège de super-ministre d'Alain Juppé... (On n'était pas dupes, mais ce n'est pas bon signe pour l'écologisme UMP, que ce soit une punition pour un ministre de s'en occuper.) Et, surtout, sur TF1, après le second tour, Borloo n'avait plus son gros sourire de vainqueur.

Selon le journaliste Christophe Jakubyszyn, dans un tchat au Monde, "c'est presque un cas d'école d'erreur de communication politique." C'est surtout une démonstration de comment, avec une simple phrase, on peut faire de l'opposition efficace, surtout face à une droite qui, en dépit de toutes les ouvertures et toutes les consultations, se croit invincible.

17 juin 2007

Ouf

Oui: ouf.

Car la défaite de la gauche ce soir est tellement en-deça de ce à quoi nous nous étions si bien préparés par des médias cherchant à noyer cette élection. Finalement, le « rouleau compresseur » sarkozyzte n'aura pas fonctionné. La gauche perd, mais regagne du terrain, augmente le nombre de ses sièges au parlément, sauve plus que les meubles, etc.

Et dégomme Alain Juppé au passage.

(Sans parler de Carignon, ce qui me fait encore plus plaisir.)

Il est permis d'espérer que la lune de miel sarkozyste est terminé, ou du moins en train de se ternir légèrement. Surtout, surtout, nous n'aurons pas à supporter le triomphalisme d'une droite persuadée qu'absolument tout lui est dû, et que le fameux « peuple qui s'est levé » le 6 mai lui est pour toujours acquis.

A chaud donc, il me semble que le point le plus positif à retenir de cette petite victoire ou petite défaite, c'est l'inflexion qu'elle inflige au trajectoire sarkozyste.

Cependant, mon opinion sur l'utilité de l'Assemblée Nationale n'a pas changé.

12 juin 2007

Ligne de partage

Dans le Figaro de ce matin -- qui reste 10 centimes moins cher que Libé et 20 centimes moins cher que Le Monde -- on trouve ceci, une analyse qui va sans doute devenir la ligne interprétative la plus courante de ce premier tour des législatives:

La déroute de la gauche à ce premier tour des législatives éclaire d'un nouveau jour le scrutin présidentiel. Forte des 47% de suffrages exprimés qui s'étaient portés sur son nom le 6 mai, Ségolène Royal s'est refusée à parler de "défaite". Ses proches ont expliqué que les dix-sept millions de voix alors recueillies étaient annonciateurs de succès futurs. La victoire écrasante de la droite qui se profile désormais à l'Assemblée nationale dément un tel optimisme. La candidate socialiste était simplement parvenue à coaliser en sa faveur diverses oppositions au candidat de l'UMP -- de l'extrême gauche au centre -- sans qu'il s'agisse d'un cocktail électoral stable. La France avait franchement voté à droite le 22 avril comme le 6 mai. Elle confirme aujourd'hui spectaculairement ce choix.

Si je comprends bien ce qu'écrit ici Eric Dupin, l'UMP serait plus populaire que Nicolas Sarkozy, puisque les 47% de Ségolène Royal ne s'expliqueraient que par l'animosité de certains à l'égard du Très Grand Nicolas (TGN). Lorsque les Français ont la possibilité de voter directement pour l'UMP sans passer par la case Sarkozy, ils sont encore plus à droite. La France aime son UMP!

Il y a pourtant de bonnes raisons de ne pas souscrire à cette analyse. Tout d'abord, l'abstention : les Français ont compris que l'Assemblée Nationale ne sert plus à rien, et qu'il servait encore moins d'aller voter dans une élection décidée d'avance. Le PS fait un meilleur score que Royal au premier tour de la présidentielle (25.87%), mais la relative neutralisation de Bayrou et le MoDem hier y est sans doute pour beaucoup. Il me semble étrange de lire dans ce résultat une sorte de désaveu de Ségolène Royal (qui n'était pourtant pas candidate!). Le total des forces non-UMP (c'est-à-dire incluant le MoDem) hier s'élèvait aussi à 47%, comme si la ligne de partage n'avait pas bougé du tout. Bref, Ségolène ou non, la ligne bleue s'arrête à 47%. Juan chez Sarkofrance a raison de parler d'une "vaguelette bleue" (désolé, pas de lien précis). La nature du scrutin efface cette réalité, et je n'ai toujours pas vu ce chiffre, 47%, cité dans les médias (mais je suis un peu déconnecté du web en ce moment, alors j'ai pu le manquer).

La logique institutionnelle de cette élection quinquennatisée est aussi un facteur important. Pourquoi, en effet, voter une cohabitation pour un président fraîchement élu ? Du coup, l'opposition ne peut pas proposer de programme : pour quoi faire ? L'opposition condamnée à l'inaction totale, n'a pas à proposer, et par conséquent, apparaît comme une force purement négative. Il ne faudrait pas, sans doute, se laisser aller à ce fatalisme institutionnel, réagir, d'une quelconque manière. Le PS n'était pas, n'est pas, en position de réagir ainsi, tant que les rivalités continuent à être si déchirantes. Il est assez étonnant que le parti fasse un score qui serait parfaitement respectable si les autres participant à feu la Gauche Plurielle existaient encore.

Il faut admettre que Nicolas Sarkozy a très bien joué l'entre-deux élections. Hier soir, je n'en pouvais plus d'entendre les représentants de l'UMP se féliciter de son gouvernement d'ouverture, la kouchnerture du gouvernement. C'est typique du comportement du Très Grand Homme : une fois élu, il cherche aussitôt à obtenir encore plus.

Bref, tout va super bien.

11 juin 2007

La nouvelle majorité UMP au Secretariat National

J'entends, en passant, Patrick Devedjian à la radio ce matin, se félicitant naturellement de la Vague Bleue d'hier, et commentant le statut de la future opposition et du parlément en général. "L'Assemblée, dit-il à peu près, ne sera pas une chambre d'enregistrement." Avant d'insister sur le fait que les députés ont beaucoup de travail pour bien élaborer leurs lois. Lois, il va sans dire, qui seront dictées par... j'allais dire : par le gouvernement, mais évidemment je voulais dire : par l'Elysée. Le Sécretariat National aura donc pour fonction de décider du nombre et de la place des virgules dans les textes qu'il recevra. Nous voilà rassurés. Et moi qui disais que l'Assemblée ne servait plus à rien...

Devedjian continue en soulignant à nouveau le sacrosanct esprit d'ouverture du gouvernement Sarkozy, censé, visiblement, rendre obsolète l'idée même d'une opposition. La prise du pouvoir de l'UMP ressemble de plus en plus à la démarche d'une grande entreprise qui, pour maintenir son monopole sans qu'on puisse le remettre en cause, garde en vie artificiellement quelques concurrents potiches. Sarkozy est en train de réussir son OPA sur l'opposition.

Hier soir sur TF1, Delanoë s'énervait assez bruyamment contre la droite, se plaignant un peu vainement du peu la place qu'aura la future opposition. Ce n'est pas l'opposition juste parce que Sarkozy lui octroie quelques miettes de pouvoir, disait-il en substance. Ce qui est vrai, même si la faiblesse de l'opposition ne peut pas être tout à fait la faute du pouvoir sarkozyën... à moins d'accepter implicitement que c'est lui qui doit décider de combien de sièges le PS occupera. Nous n'en sommes pas encore là, en tout cas pas tout à fait. A vrai dire, je suis persuadé que le nombre de sièges occupés par l'opposition importe très peu dans ces dernières années de la Ve République.

Dernière remarque avant de laisser partir ma connexion à l'internet : j'étais surpris de voir les comportements de Fabius et Delanoë sur le plateau de télé hier soir. Delanoë était en grand forme et cherchait visiblement à s'imposait comme un personnage clé de la contestation (je préfère à "opposition" pour l'instant). Fabius semblait décidé à le laisser faire. Avant-première du nouveau Delanoë ?

6 juin 2007

Une question...

Les sondages donnent à l'UMP systématiquement un énorme avantage, en sièges, pour ces élections législatives.

Or, si je ne m'abuse, les sondeurs ne font pas des sondages département par département, et encore moins circonscription par circonscription.

Les resultats de l'élection présidentielle étaient favorables à Ségolène Royal dans un grand nombre de départements, mais moins que son Très Grand rival de l'UMP.

Je n'aime pas me trouver dans cette situation où l'on cherche des raisons pour croire que les sondeurs se trompent, mais j'ai quand même l'impression qu'ils sont en train de traiter ces législatives comme une élection nationale, comme une nouvelle présidentielle, en somme.

Mais quelque chose m'échappe, sûrement.

2 juin 2007

Hypnose électorale

Il a été souvent question, ici chez La Pire Racaille, des contours du pouvoir et de l'Etat émoussés par les pratiques sarkozyztes.

On pouvait même penser qu'il ne restait plus que les élections pour freiner l'appétit de pouvoir du Très Grand Joggeur.

Comme s'il n'y avait pas déjà assez de raisons pour déprimer, Olivier Bonnet relève un nouveau sondage qui suggère que les Français et les Françaises vont voter UMP non parce qu'ils souhaitent une majorité UMP, mais parce que c'est comme ça.

La suppression de l'Assemblée Nationale par Lionel Jospin a donc atteint le libre arbitre des électeurs.

19 mai 2007

Deux thèmes possibles pour les législatives

  1. Contre le vérrouillage du pouvoir

    La gauche, de même que les Bayroutistes, peuvent prolonger leurs arguments développés pendant la campagne présidentielle, en faveur des contre-pouvoirs. Il ne me semble pas très difficile de dénoncer "l'ouverture" du gouvernement de Sarkozy, et encore moins de faire peur (oui, j'ai dit peur : c'est une élection, il faut essayer de gagner, et en plus, j'ai moi-même peur, alors ce n'est même pas hypocrite...) justement face à cette grande machine politique. Le yacht de Bolloré pourrait être très utile. Mais essentiellement, le message doit être qu'il faut une présence à l'Assemblée pour des contradicteurs.

  2. Pour les libertés individuelles

    La gauche doit occuper ce terrain. Sarkozy doit être associé au fichage génétique et au flicage en général. La gauche, le PS, peut très bien se présenter comme garant de ces libertés pendant le règne de Sarkozy.