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24 octobre 2007

Merci Noël Mamère

La place de l'opposition dans la Ve République lui laisse peu de possibilités pour empêcher l'adoption même des lois honteuses telles que celle de l'ignoble Colonel Brice Hortefeux. Et pourtant, la majorité n'était pas si loin de craquer cette fois.

Tout ce qu'on peut espérer, à ce stade, hormis une surprise en provenance du Conseil Constitutionnel, c'est que la Majorité Invicible de notre Lider Autoritarismo, Nicolas Sarkozy, le Très Grand Homme (TGH) paie le prix politique de ses actions, et que le pays n'oublie pas qui a fait voter cette loi. Sarkozy nous promet depuis quelques temps d'aller « plus loin dans l'ouverture », mais on peut se demander si l'ouverture n'est désormais plus possible, hormis des types comme Bockel, à propos de qui on peut se demander s'il y a même un sens de parler d'ouverture.

Il faut qu'il y ait un prix politique. A nous, et même aux blogueurs provisoirement découragés, donc, de ne pas laisser oublier ce prix politique. J'en avais déjà parlé, d'ailleurs, à propos de l'élection. Ce qui m'amène aux remerciements que j'étends à Noël Mamère (via Juan), qui a dit les choses comme elles sont:

L’atmosphère est devenue particulièrement houleuse avec l’envolée de Noël Mamère (Verts), qui a accusé le gouvernement de vouloir «rembourser la part de la dette à l’extrême droite qui a permis au président de la République d’être élu à l’Elysée».

Traitant les tests ADN de «peste biologique» qui institue «la xénophobie d’Etat», Noël Mamère a aussi critiqué l’instauration d’un test d’évaluation, dans le pays d’origine, de la langue française et des valeurs républicaines.

«Si on avait demandé aux parents ou aux grands-parents du président de la République, à ceux d’Edouard Balladur, de Fadela Amara ou Rachida Dati de parler français, croyez-vous qu’ils pourraient vivre dans ce pays et être membres du gouvernement?», a-t-il lancé.

30 juillet 2007

Bockel

Libération résume un entretien de Jean-Marie Bockel publié dans Marianne. Je n'ai pas trouvé l'entretien sur le site de Marianne et je n'ai pas la version papier; je dois me contenter de ce qu'en dit Libé.

De toute façon, il n'y a rien de neuf. Ou presque.

Bockel nous sert le même plat que nous avons déjà eu tant de mal à digérer. La réforme pour la réforme, l'action pour l'action. Peu importe l'orientation politique, si ça bouge. Bockel, Besson, Lang semblent s'être concertés.

Voici la version Bockel:

Il est «nécessaire d'avoir un chef de l'Etat engagé qui donne une ligne claire à la politique gouvernementale».

Ou encore:

L'ex-responsable socialiste estime qu'«il faut qu'il se crée (en France, ndlr) un sentiment d'adhésion à quelque chose, sinon nous risquons de stagner dans l'autocritique à force de répéter que nous sommes de mauvais élèves».

« Adhésion à quelque chose ». A quelque chose ? Peu importe la chose? C'est admirable, comme vision politique. Effectivement, le style Sarkozy est en train de remplacer absolument tout, car il y a plus de gésticulation que de « réformes » réelles. Peu importe où on va, à condition de rouler en BM.

Le papier de Libé termine sur une note étrange, toutefois:

Il indique que le chef de l'Etat est «un démocrate ; des personnalités du PS, comme Julien Dray ou Manuel Valls, en sont aussi convaincues que moi».

Primo, ce n'est jamais bon signe quand il faut indiquer qu'un chef d'Etat « est un démocrate », car en général on le dit que s'il y a un doute. « Vladimir Poutine est un vrai démocrate », « Berlusconi est un démocrate ».

Secundo, Bockel implique nommément Dray et Valls. Valls a déjà dit plusieurs bêtises censées montrer sa pugnacité mais qui confirmaient en fait la suprématie du Très Grand Homme (TGH), et j'ai déjà vu des rumeurs sur la complicité de Dray. Est-ce là une nouvelle variante sur la kouchnerture : on ne débauche pas les responsables PS, mais on les impllique. Et s'il y avait une sorte d'accord, ou mini-débauchage de Valls ou de Dray, quelle serait pour eux la contre-partie ?

Et, dernière question : cette ligne de la réforme pour la réforme, l'action pour l'action, le bruit pour le bruit, est-ce celle-là que Sarkozy a vendue à ses débauchés ? Est-ce cette idée là qui leur paraissait si séduisante ? (Je dis cela comme s'il y avait forcément une explication politique.)