Alors Sarkozy a remis les habits de Jack Bauer (ou bien ceux de Cécilia, mais ceux de Bauer risquent d'être plutôt à sa taille - Keiffer Sutherland n'est pas très grand), pour aller au Tchad chercher les hôtesses de l'air espagnoles et les journalistes français. Bien sûr, on ne peut qu'être soulagé de voir ces personnes innoncentes sorties d'affaire aussi rapidement. Et si c'était la première fois qu'un Sarkozy aurait effectué une telle mission, je serais bluffé. Sauf que... ce n'est pas la première fois et je ne suis donc pas bluffé, pas plus qu'une partie grandissante, petit à petit, de l'opinion.
Passée l'émotion des retrouvailles, il faudra poser à nouveau la question de des contreparties. Notre Très Grand Homme sera un peu plus tranquil cette fois, car il n'aura pas à se présenter devant une commission d'enquête de l'Assemblée, ouf!, à la différence de son ex-épouse. Lisez le billet de Luc Mandret pour avoir des idées de ce à quoi pourraient ressembler ces éventuelles contreparties. L'histoire risque d'être plus difficile à démêler cette fois, en l'absence d'un fils de dictateur bavard pour nous raconter les dessous de l'histoire. Mais justement dans ce brouillard, même s'il n'y avait pas de contrepartie du tout, même si Itno a lâché ces personnes juste pour être sympa avec la France, ce qui n'est pas tout à fait impossible, un doute planera au-dessus de cette affaire. Nous savons que le TGH n'est pas toujours irreprochable dans ces négotiations, alors qu'il faudrait l'être, justement.
Supposons, simple hypothèse pour l'instant, que Sarkozy ait bradé quelque chose au Tchad en échange de la libération des sept détenus. Ce ne serait qu'un exemple de plus de ces moments où, comme le dit très justement Raphaël Anglade, le Président "se couche". Mais Sarkozy ne lâche pas quelque chose d'important (une centrale nucléaire encore, des armes, une position diplomatique...) pour la France, mais pour sa propre position médiatique. C'est la République au service de la carrière politique et le trajet médiatique d'un seul homme. Mais ce sont tous les citoyens, toute la France, qui paient le prix. Tous ôtages de notre Président?