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17 août 2007

Les médias français évitent les vacances de Rachida Dati

Je retrouve brièvement l'usage du web, et je suis surpris de voir qu'une recherche Google "rachida dati vacances sarkozy" ne donne que très peu de mentions dans les médias traditionnels de la présence de Rachida Dati sur le bateau de vacances de notre Président: Paris Match, le Nouvel'Ops, et La Tribune.

A vrai dire, je m'en fous que Dati soit dans le bateau ou pas. Au vu de ce que veut faire Sarkozy, c'est vraiment le cadet de nos soucis. Sauf que les cachotteries sont bizarres. Et surtout que l'étouffement effectif de l'affaire est pour le moins inquiétant. Rien dans Libé, rien dans Le Monde?

Très étrange.

UPDATE: LCI en parle (brièvement).

8 août 2007

Superhéros

Juste quand je venais de dire que si Sarkozy se fait parler de lui sur son bateau, c'était pour nous faire oublier la Libye, sachant que l'appareil médiatique ne peut penser qu'à une seule chose à la fois. Et si telle n'était pas son intention lorsqu'il engueulait les journalistes de l'AP, c'est en tout cas l'une des fonctions de ces vacances en général.

Cependant, je viens de tomber sur la version de l'incident de Rue89 qui est très instructive car elle contient la traduction des observations de l'un des deux journalistes. Voici sa conclusion:

Pouvez vous imaginer une situation similaire aux Etats-Unis?

Non, sûrement pas. Je ne sais pas si les hommes politiques américains sont plus malins que le Président Sarkozy, mais ils sont conscients des répercussions d'un tel acte... Je ne veux pas appeler ça une diatribe... Mais ils savent qu'une telle sortie colérique aurait un impact négatif sur eux. Je ne vois pas une telle chose se produire. Il n'est certes pas un nouveau venu en politique, je ne connais pas bien son histoire, mais on pourrait s'attendre à ce qu'il soit un peu plus conscient de ce qui va avec le fait d'être Président d'un pays important.

Oui, voilà la question. Pourquoi se laisser aller ainsi, torse nu devant des photographes, alors que l'on n'est pas n'importe qui, mais bien le président d'un grand pays, membre permanent à l'ONU, membre du G8, détenteur de l'arme nucléaire, etc.? Et comment penser qu'une telle histoire ne nuirait pas à son image?

Les choses se compliquent depuis que l'on signale la présence de Rachida Dati dans le bateau (via Plume de presse):

La présence de la Garde des Sceaux dans le bateau présidentiel est surprenante. Mais si elle explique l'énervement du Très Grand Homme (TGH), qui voudrait dissimuler (et pourquoi?) le fait que sa ministre ait rejoint la Famille Présidentielle (et pourquoi?), elle n'explique pas la réaction de Sarkozy. Si vraiment son intention était de continuer à cacher Dati, pourquoi aller ainsi à l'abordage, en provoquant l'incident et en risquant que l'on reconnaisse sa ministre ? N'importe quel autre chef d'Etat aurait envoyé ses gorilles pour le faire en douceur. Pourquoi vouloir, à ce point, tout faire soi-même, y compris le boulot de garde de corps?

Je ne pense pas que ce soit un pur coup de colère, un acte seulement impulsif, spontané et irréfléchi, mais une nouvelle manière de jouer son rôle de superhéros. Un superhéros est fort. Un superhéros n'envoie pas des militaires anonymes se bagarrer à sa place. Comme pour le culte du corps, l'exhibitionnisme permanent (jogging, swimming, torse nu), et ce même si les photos révèlent un peu de gras autour de la ceinture, il s'agit de faire revenir les projecteurs sur notre Action Man national. Loin la Libye compliquée, loin loin le service minimum, loin loin loin la franchise médical. Et le pire, c'est que, jusqu'à nouvel ordre, jusqu'à une démonstration définitive de l'inanité du concept, la France veut absolumment un superhéros. Je parie que la ligne superhéros va rejoindre celle de la religion d'Etat que le TGH vendait pendant sa campagne, et ainsi nous aurons droit à de véritables miracles.

7 août 2007

Cool! c'est les vacances

Dans son reportage sur l'utilisation sarkozÿen des médias, Le Monde récidive (ça fait combien de fois maintenant?) dans le genre critique molle qui dissimule (mal) une grande admiration. Cette fois c'est une Chronique par Isabelle Talès dont le titre pourrait donner le soupçon que l'on est enfin dans la mise en cause de la hypermédiatisation du méga-omni-hyper-président: "Nicolas Sarkozy, micro ouvert tout l'été". Le ton est léger, celui d'une vacancière fatiguée par toutes ces nouvelles. Mais finalement tout est très sympathique:

D'autant que l'air du New Hampshire semble réussir au chef de l'Etat. Interrogé sur l'affaire libyenne quand il était encore à Paris, il avait lâché deux mots et une grimace entre deux claquements de portière. Là, il redevient volubile, sourit, révèle le contenu de son iPod (Aznavour, Johnny...), pose avec des touristes américains, s'attarde avec les journalistes, puis leur demande une dernière fois de respecter son droit à la "tranquillité".

Mais, au fond, a-t-il vraiment envie d'être tranquille, lui ?

Le personnage joué par Sarkozy est en train de devenir celui d'un agité aimable, qui aime tellement travailler qu'il ne décroche pas vraiment pendant les vacances, alors que nous, les Français normaux, on n'a pas envie de penser à la politique du tout. Pas à Sarkozy, encore moins à l'affaire libyenne.

Et il ne faudrait même pas parler de ce regrettable (mais ô combien compréhensible, n'est-pas?) de cet incident où Sarkozy "perd son sang froid" avec des journalistes américains. Pas tranquil du tout, le TGH en fait. Mais comme tout est com' désormais, ce n'est peut-être pas si paranoïaque de penser que ces énervements ne sont pas une manière de passer à autre chose, de faire oublier Kadhafi en ramenant notre attention à la petite personne présidentielle elle-même, ou encore à sa famille.