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1 octobre 2012

Autoentrepreneurs : il ne faut pas subventionner la précarité

 

Le titre du papier de L'Expansion est plaisant : "Hausse des cotisations: les auto-entrepreneurs crient à l'assassinat". C'est une question complexe, qui fait ressortir des clivages parfois inattendus. Ainsi, le fait "de relever les taux forfitaires pour les rapprocher de ceux des indépendants", comme l'affirme le ministère du Commerce et de lArtisanat, par souci "d'équité" (les artisans avaient crié à l'assassinat les premiers). Ce n'est pas la première fois depuis la rentrée que nous entendons des cris de "Au voleur ! à l'assassin !", et ce n'est sûrement pas la dernière.

La question devient celle savoir ce qui est la réponse véritablement "de gauche" à la question de l'autoentreprise. Ainsi, Henri Novelli se veut le défenseur des pauvres :

Le père de l'auto-entreprenariat, Hervé Novelli, a pour sa part dénoncé ce week-end " une mise à mort progressive des auto-entrepreneurs", ajoutant que la mesure, "véritable agression contre les travailleurs pauvres", allait faire "revenir le travail au noir". (Du même article.)

(Notons au passage que tout le monde parle de "mort".)

31 mai 2012

Mesurer la précarité

 

Bruxelles continue de rappeler qu'il y aura d'autres "efforts" budgetaires et que le marché du travail français. Sur ce dernier point, la Commission fait un constat intéressant :

Elle estime par ailleurs que le marché du travail constitue un "point noir" et que "rien n'a été fait" pour remédier à une situation où il est très difficile d'obtenir un Contrat à durée indéterminée. La proportion de CDD en France est plus importante que dans la moyenne de l'UE et les salariés restent "trop longtemps" en CDD, précise cette source.

Donc le précariat à tout va n'est pas la solution à tous nos problèmes. C'est déjà une bonne nouvelle, mais à portée limitée.

28 mai 2012

Les lois Hartz et le contre-modèle allemand

 

Tout le monde se souvient du fameux "modèle allemand" qui allait sauver la France à l'époque où Sarkozy ignorait encore que c'était la protection contre la viande halal et la sortie de Schengen qui allaient sauver la France.

Juan écrivait en février :

Depuis bientôt deux ans, Nicolas Sarkozy a choisi le modèle allemand sans qu'on sache vraiment lequel. Il ne cherche pas tant à singer la politique économique ou sociale du gouvernement allemand que de coller au plus près de sa voisine chancelière.

Et j'écrivais :

30 avril 2008

Bricoles

Deux bricoles.

  1. Couac (n. m.) : Bruit produit par la collision entre une promesse politique et la réalité. (C'est un peu ce que je disais hier.)
  2. L'idée de gérer l'Etat comme une entreprise plaît à ceux qui n'y réfléchissent pas : faire travailler tous ces fonctionnaires fainéants, arrêter de gaspiller des milliards, etc. Il faut un manager fort pour mettre de l'ordre là dedans, que dis-je ?, un Très Grand Manager.

    Ceux à qui cette idée plaît si bien, s'imaginent comme les clients de cette entreprise hypothétique. Après tout ils paient des impôts et reçoivent des "services". En serrant les vis à cette boîte, ils paieraient moins et recevraient plus.

    Le problème, c'est que la relation à l'Etat n'est pas si simple. Il est difficile, pour un simple citoyen, de faire jouer la concurrence entre états, par exemple. L'individu se retrouve non dans le rôle du client, mais dans celui du salarié de cette grande boîte qu'il ne peut pas quitter. Et quand il vote pour "serrer les vis", le piège se referme sur lui.

21 septembre 2007

Offre valable

Le chef de l'Etat a par ailleurs demandé aux partenaires sociaux de définir "avant la fin de l'année des procédures et des sanctions, à la fois plus efficaces, plus fermes et plus justes" pour les chômeurs qui refusent "deux offres valables d'emploi ou une formation".

Il s'est dit "prêt à discuter de ce qui constitue 'une offre valable d'emploi' et de ce que doit être la sanction", et souhaité que le nouvel organisme issu de la fusion ANPE-Unedic soit chargé de prononcer ces sanctions "pour des raisons d'efficacité". (Source)

L'autre jour, j'entendais Christine Lagarde interviewée sur France-Info. Je n'en trouve pas trace maintenant, alors je dois faire confiance à ma mémoire.

L'intervieweur demande si une définition de ce qui constitue une "offre valable d'emploi" a été fixée. Non, car il faut négocier, répond Mme. Lagarde. Et puis: sait-on combien de chômeurs refusent des offres d'emploi? Non, car la définition n'existe pas encore. En somme, ils n'en savent rien. Ils ne savent même pas s'il y a un problème à résoudre. Ils ne se fondent que sur cette impression que le problème est forcément du côté du chômeur paresseux.

En termes de communication, la "solution" présente l'énorme avantage de convaincre le bon peuple qu'il devait bien y avoir un problème.

Et le tour est joué.