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16 novembre 2013

Pourquoi ce sera toujours la faute de François Hollande

 

Economie et austérité. Je ne change pas beaucoup de sujet, sauf quand je n'ai pas de sujet du tout. (Voir les onze derniers mois.)

Marco (Alter Oueb) écrit, à propos de la crispation générale du pays décrite dans la lettre secrète des préfets :

François Hollande est devenu clairement la cause de tous les maux et cristallise autour de lui toutes les critiques. Avec son gouvernement, il doit gérer une friche laissée par son prédécesseur et même au-delà : on ne retourne pas en quelques coups de bêche un champ aussi vaste, autant caillouteux. Confronté aux lobbys de toutes sortes, Hollande à reculé un peu sur tous les sujets, surtout ceux concernant les «possédants», et a déçu, même dans son camp. Et alors ? L’eau du bain est chaude depuis un moment. Sarkozy, pour sa part, y a mis un sérieux coup de lance-flamme en tenant chaque nouveau jour des propos plus qu’outranciers, divisant le pays en jetant à la vindicte populaire, le doigt tendu et le rictus aiguisé, telle ou telle catégorie de français, ou de moins français.

Oui, François Hollande est devenu la cause de tout. Quand l'économie va aussi mal, présidents et gouvernements sont rarement populaires. /"It's the economy, stupid."/ Et, bien sûr, le rôle de Sarkozy dans tout cela n'est pas à négliger. Mais…

Mais…

10 novembre 2013

Le déficit est trop petit

 

Françoise Fressoz exprime la doxa économique :

Le candidat socialiste a fait campagne sur la réduction des déficits publics et il n'a pas tardé, une fois élu, à mettre en place le crédit d'impôt compétitivité, qui ne figurait pas dans ses propositions. Seulement, il a biaisé avec les Français. Il ne leur a pas tout dit de la gravité du mal. Il a espéré que le retour de la croissance qu'il chiffrait, lorsqu'il était candidat, à 2,5 % en 2013 (on sera en réalité plus proche de 0,2 %), lui donnerait un utile coup de main pour redresser le pays.

9 octobre 2012

Austérité, croissance, char, boeuf

 

Mediapart publie une série de débats sur le TSCG. Voici un extrait de celui entre Pierre Laurent (PCF) et Karine Berger (PS) :

Pierre Laurent. L’engagement de François Hollande, c’est même 0 % de déficit en 2017.

Karine Berger. 3 % de déficit pour la France, c’est le moment où la dette arrête d’augmenter toute seule. Pour nous-mêmes, nos enfants, la capacité de mettre en place des politiques de gauche dans ce pays un jour de manière forte, avec des marges de manœuvre et des progrès sociaux, nous devons d’abord stopper l’emballement de la dette.

La réponse de Karine Berger est sans doute la défense la plus claire et la plus cohérente possible de la position du Président et du gouvernement, à la fois en termes de perspective économique et garanties politiques à gauche.

Être "l'ennemi de la finance" voudrait dire : libérer la France des financiers en réduisant la dette. Et le grand redressement des comptes publics ne serait que la prélude à une nouvelle politique de gauche, à mettre en place sans doute pendant un éventuel second quinquennat de François Hollande.

On dit qu'il manque à Hollande "un grand récit" à raconter à la France. Celui-là pourrait jouer ce rôle.

Ce serait un beau récit, une belle histoire. Et pourtant, je n'y crois pas.

29 septembre 2012

Le pour et le contre

 

Depuis quelques jours et quelques billets, j'essaie de me positionner par rapport aux perspectives offertes par le hollandisme naissant, et surtout celle de ce TSCG qui se profile. Le problème, c'est ce que, comme dirait Zuckerberg, "c'est compliqué".

Tentative de tout démêler.

(Note aux lecteurs non-blogueurs : quand je n'écris pas, je peux avoir des idées très floues sur toutes ces questions ; c'est seulement quand il faut commencer aligner des mots et des arguments que les choses se précisent dans mon esprit, fût-ce provisoirement. C'est une grosse partie de l'intérêt du bloggage. Au risque de paraître comme un vieux grincheux, le tweet, parcellaire par essence, ne provoque pas le même processus.)

25 septembre 2012

Absence de gauche

 

La pression à gauche monte sur François Hollande. Dagrouik l'exprime très bien :

[Hollande] passe donc de AAA en AA- , AA- avec perspective négative. Pourquoi donc ? Bien sur on observera quand les textes de lois seront votés, les décrets.. Les fameux détails que personne ne veut voir. Par exemple, le principe de la taxe à 75% est garanti, mais on regardera les détails techniques. ..

Sur le fond les premiers signaux ne rassurent pas : rien sur le statut de la BCE (cf déclaration de campagne: elle doit financer les états au lieu des banques), le TSCG qui devait être rénégocié (et soumis à referendum selon les députés PS) et quel fut le message envoyé aux grecs sur le perron de l’Elysée avec Merkel a coté: “faites des efforts”.

Qu’on le veuille ou non c’était sur le fond le même message que Sarkozy. Seule la forme change, y’a moins de coups de menton et moins d’agressivité dans le propos, mais celui-ci reste identique. les resultats de tout ça sont connus en Grèce.

En plus de la règle d'or qu'il va falloir avaler, on savait déjà que les 120 milliards de croissance n'étaient plus ou moins que symboliques. Le 75% a du mal à émerger.

C'est décevant, mais inévitable.

Pourquoi ?

24 septembre 2012

Navire

C'est rare que je mette des images ici, mais celle-ci me plaît bien.

Le pétrolier, c'est le Seawise Giant ou Knock Nevis, l'un des plus gros bateaux jamais construits. Il déplaçait plus de 600.000 tonnes et pouvait contenir 550.000 tonnes de brut. Pointé vers le ciel, il aurait dépassé l'Empire State Building. Il était tellement gros qu'il ne pouvait pas passer la Manche.

Lancé à sa vitesse maximale, il fallait presque 9 kilomètres pour l'arrêter. Pour faire demi-tour, il faisait une boucle de 3 kilomètres.

Une campagne présidentielle va vite. Marketing événementiel. Après, l'État, c'est du lourd. Changer de cap n'est pas facile. Encore faut-il en avoir envie, avoir une idée claire de la nouvelle direction une fois qu'on aurait pris son courage à deux mains pour donner un coup de gouvernail.

Tout cela semble manquer pour l'instant. Dans un prochain billet qui est déjà en chantier, j'essaierai de mettre un point ou deux sur certains des "i". En version 140 caractères (environ), je dirai seulement que ce n'est pas la personalité ou la compétence de Hollande qui est en cause, mais une dérive de la gauche bien au-delà d'un seul bonhomme.

27 juillet 2012

L'ennemi de la finance

 

Au Bourget, François Hollande disait ceci :

Mais avant d'évoquer mon projet, je vais vous confier une chose. Dans cette bataille qui s'engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c'est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l'économie, de la société et même de nos vies.

[…]

Si la finance est l'adversaire, alors il faut l'affronter avec nos moyens et d'abord chez nous, sans faiblesse mais sans irréalisme, en pensant que ce sera un long combat, une dure épreuve mais que nous devrons montrer nos armes.

Ce billet n'a pas pour but de dire le trop facile "il a dit ça pour se faire élire, et maintenant il n'ose plus rien face à la finance".

Ce n'est pas comme si c'était facile, de terrasser "la finance". Les constats sur les dangers, les dégâts et les dérapages d'un système qui paraît bien hors de contrôle. (Lisez ce billet de Dagrouik, par exemple.) Non seulement le problème

  • est complexe ;
  • est international et
  • concerne les entités parmi les plus puissantes de planète,

mais la dette, tout ce réseau des dettes entrecroisées et circulaires, est partout, du voisin qui paie 450 € par mois pour pouvoir rouler en Audi TT, jusqu'aux États qui dépendent d'un influx constant de nouveaux crédits. Nous avons beau être contre la finance, contre la dette, contre les banques et les banksters, contre Merkel, contre Greenspan, contre Citigroup, contre Goldman Sachs, contre Moody's, il reste le fait incontournable que le moindre ralentissement, même de quelques semaines, de notre perfusion aurait des conséquences catastrophiques. Et pas seulement la France : l'ensemble des pays dit "développés" sont dans à peu près la même situation.

Personne n'aurait jamais planifier cette situation, personne n'aurait souhaité en arriver là, y compris les banques elles-mêmes, mais un ensemble de décisions, prises une par une depuis des décennies sont responsables. À chaque pas de cette longue marche vers le précipice, les décideurs (banques, parléments, chefs d'états) ont sûrement cru tirer vers eux ; certains ont saisi des occasions pour accéder à des nouvelles formes de rapacité.

Et aujourd'hui, les cris d'alarme, les constats semblent inutiles. Oui, des erreurs commises il y a quarante, trente, vingt ans ont conduit à d'autres erreurs plus récentes. Dans la tragédie, ce qu'il y a de vraiment tragique, c'est que tout le monde sait que tout va s'empirer, que la spirale est lancée, mais personne n'est capable d'agir pour échapper à l'inévitable.

Car concrètement, je ne vois pas d'où pourrait venir même le début d'une solution. Le programme de Roosevelt 2012 est sans doute ce qui s'en rapproche le plus, mais, comme j'ai essayé d'expliquer dans un autre billet, il est lui-même trop optimiste, et de toute façon dépendrait d'un consensus international qui reste très loin des attitudes actuelles. Bien sûr, le jeu en vaut la chandelle ; il ne faudrait pas abandonner l'initiative pour autant, puisque la tentative elle-même peut avoir une influence, à terme, sur ces mêmes attitudes.

19 juillet 2012

Espoirs et inquiétudes jospino-bachelotiens

 

Revenons à cette commission présidée par Lionel Jospin, qui va proposer un plan pour moraliser la vie politique. J'avais manqué le communiqué officiel. Voici leur mission :

Cette commission aura notamment pour mission de définir les conditions d'un meilleur déroulement de l'élection présidentielle et s'interrogera sur le statut juridictionnel du président élu. Elle examinera également les voies d'une réforme des scrutins applicables aux élections législatives et sénatoriales, et formulera des propositions permettant d'assurer le non cumul des mandats de membres du parlement ou du gouvernement avec l'exercice de responsabilités exécutives locales. Elle définira des règles déontologiques de nature à garantir la transparence de la vie publique.

Réduisons tout cela à une liste, qui passe mieux sur l'Internet.

  • Déroulement de l'élection présidentielle ;
  • Statut juridique du président ;
  • Réforme des élections législatives et;
  • Sénatoriales
  • "le non cumul des mandats de membres du parlement ou du gouvernement

avec l'exercice de responsabilités exécutives locales"

J'espère qu'ils vont réussir. J'ai pourtant des inquiétudes.

18 juillet 2012

Bruits et bruitages : le nouveau niveau du débat politique à l'UMP

 

Cécile Duflot se fait chahuter à l'Assemblée Nationale à cause d'une robe, alors qu'avant les mêmes désapprouvaient son jean. Bien sûr, c'est du machisme, qui ne prend même plus peine de se déguiser avec quelque grand principe.

Au-delà de la bassesse, il y a la stupidité de la manoeuvre, et c'est là qu'on reconnaît facilement la marque de Jean-François Copé, dont l'originalité profonde émerge peu à peu, sous la forme d'une utilisation savante de la bêtise. Au-delà de cet incident révélateur, donc, une stratégie de communication se met en place.

16 juillet 2012

Subtilités de la CSG, suivies de nos exigences

 

Françoise Fressoz sur Hollande et le CSG est assez dure :

Le candidat socialiste s'en tenait à un seul discours, un rien simpliste : les riches paieront, les classes moyennes seront épargnées. C'était bien trop beau pour être vrai : la hausse de la CSG qui se profile touchera évidemment tout le monde : les riches mais aussi les classes moyennes et populaires, les actifs et les retraités.

Elle s'annonce d'autant plus conséquente que le gouvernement n'a pas qu'un problème de transfert de charges à régler. Il doit aussi boucher le trou conséquent de la sécurité sociale.

La CSG était l'impôt caché de François Hollande. C'est ce non dit qui, d'emblée, fragilise la réforme.

Elle ne va pas jusqu'à rendre "quand il y a du flou, il y a un loup", mais c'est presque pareil. Marc Vasseur est également décu :

Alors, on ne manquera pas de nous présenter la CSG comme une TVA sociale de gauche… A un taux d’1,1 %, c’était probablement encore défendable dans son approche puisqu’elle touche tous les revenus, aujourd’hui alors que nous en sommes à 7,5% du salaire brut, elle s’apparente de plus en plus à une flat tax d’inspiration fort libérale, plus encore si nous passons à 9,5 voire 11,5….

Pour conclure :

Je le disais, il y a quelques jours à propos du sommet européen ; je le redis et on pourra y mettre tous les enrobages qu’on veut… le gouvernement Ayrault prend une pente social libérale…. je n’ai pas voté pour ça en mai 2012.

(Juste avant de lâcher sa bombe, le terme "blogueurs de gouvernement", qui a rapidement fait le tour de la blogosphère de gauche. Mais cette question-là, nous en avons parlé l'autre jour.)

Et pour finir, voici quelques salves supplémentaires tirées par Rue89 :

« Je ne viens pas annoncer aujourd’hui de prélèvement supplémentaire pour une grande majorité de Français », a déclaré Hollande. Pourtant, si comme on le suppose, c’est une hausse de deux à quatre points de CSG qui se profile, la grande majorité des Français seront touchés, pas seulement la petite minorité des plus riches.

La vérité, c’est que le gouvernement s’apprête à troquer une hausse de 11 milliards de la TVA pour une hausse de la CSG de plus du double.

Alors, qu'en est-il ? La CSG qu'on nous prépare, est-ce une flat tax ultra-libérale déguisé en Rocard ?

15 juillet 2012

L'unique chance pour mettre fin au cumul des mandats

 

Hier, lors de son entretien télévisé, François Hollande a annoncé qu'il confiait à Lionel Jospin une commission sur "la moralisation et la rénovation de la vie politique". Jospin n'aurait pas été mon premier choix, ni même dans mon Top 10, pour ce travail. Son rôle dans l'affaire Falorni ("On a beaucoup trop parlé de la 1re circonscription de Charente-Maritime") est plus une question de feuilleton ; en revanche, le quinquennat qu'il nous à légué ne témoigne pas en sa faveur pour une réflexion sur la modernisation de la démocratie.

Certes, Jospin, oui, bof.

Ce qui est paradoxalement rassurant, c'est que pour la mesure la plus importante, la personalité du président de la commission importe peu. Car la mesure la plus importante est aussi la plus simple : le non-cumul des mandats. Toute tentative de rendre plus compliqué, subtile, moderne, technique le passage du cumul généralisé au non-cumul ne sera qu'un affaiblissement du principe.

3 juillet 2012

Je suis socialo-traître et j'aime ça

 

À vrai dire, je ne suis pas socialiste : je n'ai jamais pris ma carte au P"S". Je suis juste socialo-traître sympathisant, pire encore que les socialo-traîtres encartés, car même pas engagé corps et âme pour Laurent, Dominique ou Martine.

Quelques jours après le second tour des législatives, ou quelques heures peut-être, je ne me souviens plus, j'ai eu deux pensées successives.

  • D'abord je me suis dit : "ça y est, la droite est défaite, maintenant on va passer notre temps à se disputer avec les Front de Gauche".
  • Un peu plus tard, je me suis dit : "ça y est, le pouvoir est assuré pour cinq ans, on va revenir à l'occupation habituelle d'un blog de gauche, c'est-à-dire qu'on va tirer le PS."

1 juillet 2012

Sommet : changement ou pas ?

 

Tout ce qui se passe au niveau européen sera toujours nimbé de confusion, tant les enjeux sont complexes et les intérêts communicationnels des uns et des autres sont doubles, triples. Le sommet d'hier soir et ce matin, avec ses moments dramatiques, quand les chefs d'État décident ne pas se coucher à 2h, les bras de fer, l'attaque surprise par l'Espagne et l'Italie : tout est là pour nous faire espérer un changement profond. Le changement promis, par le candidat qui disait qu'il allait faire renégocier les accords présidés par Merkozy.

Qu'en est-il ? Marc Vasseur est très pessimiste :

On savait déjà que la question des eurobonds était déjà tranchée, on espérait que cet abandon pouvait au moins se « marchander » contre un effort conséquent en matière de croissance… en vain à moins de se réjouir de cette énorme enveloppe de 120 milliards consacrée à cette dernière. Pour situer l’ampleur de ce soutien, il convient de mettre en parallèle les 1.500 milliards pour sauver les banques. Je n’ose même pas souligner que sur ces 120 milliards, la moitié est confiée à la Banque Européenne d’Investissement sous la forme d’une augmentation de sa capacité à prêter. Au final, nos dirigeants européens ont réussi à mobiliser 60 milliards d’euro pour dynamiser une croissance anémique voire moribonde… c’est juste risible.

Marc a raison sur les 120 milliards : c'est loin d'être une révolution.

Il s'inquiète également pour la souveraineté, y voyant la plus grande et grave concession de François Hollande :

Ne nous y trompons pas, la finalité de cette démarche est de donner pouvoir à la Commission de donner son avis et par la suite son aval aux budgets et aux orientations en matière économique des Etats Membres et probablement le cas échéant de sortir le baton si d’aventure un Etat prenait trop de libertés vis à vis de la doxa néo-libérale – en clair Roosevelt et Keynes ont été abattus lâchement dans une courée sombre cette nuit.

23 juin 2012

Le renoncement aux eurobonds

 

Marc Vasseur s'inquiète :

Quelques signes avant-coureurs semblent modifier le slogan initial de François Hollande ‘Le changement c’est maintenant » en un « Le changement c’est pour plus tard ».

Il pense à ceci : Jean-Marc Ayrault enterre les euro-obligations.

Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a admis qu'il faudrait des années et davantage d'intégration politique au sein de l'Europe avant de pouvoir introduire les euro-obligations que Paris appelle de ses voeux, dans un entretien à l'hebdomadaire allemand Die Zeit. "Je souhaite que nous parlions d'eurobonds à Bruxelles. Mais il est vrai qu'une communautarisation des dettes exige nécessairement une plus forte intégration politique et nécessitera certainement plusieurs années", a-t-il dit à l'hebdomadaire à paraître jeudi

L'une des grandes originalités de la campagne de François Hollande, c'est qu'il a réussi à dire, avec crédibilité, qu'il allait bousculer l'ami allemand, renverser la logique de l'austérité.

On comprend qu'il impossible que le programme du candidat Hollande ne puisse pas être appliqué tel quel à toute l'Europe. Hollande et Ayrault semblent renoncer assez vite, sans véritable bagarre, à cette mesure.

20 juin 2012

Une majorité normale : est-ce possible ?

 

Les commentateurs étaient unanime pour dire que l'affaire du tweet de Valérie Trierweiller était le premier faux pas du mandat de François Hollande, et la première entorse à la "présidence normale", cette présidence. Nous l'avons dit aussi, à peu près : les médias ont besoin d'histoires faciles à raconter, la tentation médiatique, la tentation du buzz, celle d'être sur le devant de la scène, est trop forte, pour les médias, les journalistes comme pour les hommes et femmes politiques. François Hollande a été, jusqu'à présent, exemplaire, hormis bien sûr un gravissime dépassement de vitesse sur l'autoroute entre Paris et Caen. Devant la tentation du raccourci qui passe par la personalité, le glamour, l'individu plutôt que la fonction, il faut, pour rester "normal".

14 juin 2012

La tentation médiatique

Juan pose une question intéressante :

Pourquoi certains journalistes parlent autant du #Tweetgate?

Et il répond :

Pour que le buzz médiatico-politique prenne, il faut trois ingrédients: l’affaire doit être (1) simple à comprendre, (2) inattendue, (3) politiquement fort. Le #Tweetgate cochait les trois cases.

[…]

Mais le Tweetgate restait une pépite médiatique: nul besoin d’un grand savoir pour le juger. La documentation requise était minimale. Et chacun pouvait s’en faire une opinion.

Construire un message, expliquer un programme, une politique, des grands enjeux économiques, internationaaux, ce n'est pas facile. Le public dans l'ensemble ne saisit que des grandes lignes, et seulement quand la communication est réussie. C'est pour cela que la droite s'acharne, à chaque élection qu'elle risque de perdre, à marteler le même vieux message : les socialos vont augmenter les impôts. C'est un message facile à comprendre, et comme dirait Juan, "la documentation requise [est] minimal".

30 mai 2012

Normal : salubrité de l'institution

 

À propos de l'intervention de François Hollande, Thomas Weider écrit :

Surpris, peut-être, que son interlocuteur ne relève pas cette "normalité" à laquelle les précédents présidents ne nous avait pas habitués, François Hollande se fit lui-même - il en a l'habitude - le commentateur de sa propre démarche : "Je ne vous ai pas demandé de venir à l'Elysée", fit-il ainsi remarquer à David Pujadas vers la fin de l'interview. "Je préfère faire simple", lui a-t-il aussi expliqué. C'était une façon de rappeler que la "normalité", en termes de communication politique, n'a d'intérêt que si elle est se donne à voir comme remarquable. Ce qui amènera sans doute François Hollande à se poser un jour la question : comment tirer profit dans la durée d'une "normalité" qui ne tire de sa valeur que parce qu'elle apparaît à un moment donné comme exceptionnelle ? Comment, en somme, éviter avec le temps que la "normalité" ne se banalise ?

20 mai 2012

Apprenez la communication politique avec Jean-François

 

La semaine dernière nous avons proposé deux leçons de communication politique à partir d'exemples fournis par ce maître du Verbe et de la Logique, Jean-François Copé. Aujourd'hui nous nous demandons s'il ne faudrait carrément lancer une longue série de billets, tellement l'activité de Monsieur Copé est riche en enseignements pour les communicants débutants.

La semaine dernière, les élèves ont surtout retenu le principe du "c'est celui qui le dit qui y est", ce qui est, certes, un excellent point de départ. La communication copéïste dans sa riche complexité, pourtant, ne saurait en rester là. Nous allons étudier cette fois le principe philosophique des inversions de réalités, qui est présent dans "c'est celui qui le dit qui y est", mais qui a un champ d'application bien plus large.

16 mai 2012

Copé François-Jean L'envers au monde

 

Petite leçon de communication politique de la droite droitisée prodiguée par Monsieur Sincérité lui-même, le magnifique Jean-François Copé. Aujourd'hui nous allons regarder deux petits exemples survenus récemment qui montrent bien comment il faut s'en prendre à son adversaire politique.

13 mai 2012

Défaite du bonhomme, de ses idées et des idées des voisins

 

Depui la défaite de Nicolas Sarkozy, avec sa sortie presque réussie, une idée ressurgit par-ci par-là, selon laquelle la victoire de Hollande n'était pas écrasante, et que si on corrige le score pour prendre en compte l'anti-sarkozysme, lié à la seule personne de Nicolas Sarkozy (Fouquet's, pépettes, talonettes) et sans lien à sa politique, la victoire serait en réalité pour la droite. Les votes blancs en fournissent la preuve irréfutable.