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19 septembre 2007

Kouchner: grave

Pas le temps de bloguer sérieusement. Même pas de billet sur Jospin. Mais je ne peux pas laisser passer cet autre drame en train de se dérouler, celui d'un Bernard Kouchner en train d'appliquer la ligne Wolfeboro.

Quand Kouchner dit que l'on doit se préparer à une guerre contre l'Iran, on peut se demander s'il se rend compte de ce qu'il dit. Une fois ce mot prononcé, il est très difficile de le ravaler. Même si Fillon essaye de le ramener dans l'usine à oubli qu'est devenu Matignon. "Guerre" est sur la table.

Et je reste perplexe. Que pensent-ils gagner ainsi? N'ont-ils pas vu l'échec de cette stratégie de menaces puis de guerre en Irak? N'ont-ils pas vu la dégringolade de Tony Blair, très populaire jusqu'à ce qu'il s'associe avec Bush?

C'est très maladroit et c'est très grave. Mais je n'ai pas le temps de faire autre chose ce soir que grogner.

16 septembre 2007

Kouchner et l'épreuve génétique

Kouchner se rebiffe?

Interrogé sur les tests génétiques comme préalable à une demande de regroupement familial, l'ancien ministre socialiste a déclaré: "cela ne me plaît pas, mais ne m'indigne pas".

"Le jour où je m'indignerai vraiment, je partirai", a-t-il ajouté, précisant que la procédure existe déjà dans de nombreux pays européens. "Je pense que ce n'est pas comme cela qu'on règlera le problème de l'immigration".

Sur le fond, c'est assez mou: Ca ne me plaît pas, mais au fond ça m'est égal. Cette petite pique est néanmoins intéressante : je pourrais partir quand même.

Kouchner sent-il que Sarkozy est moins fort qu'il y a quelques semaines? Sachant que le Très Grand Homme (TGH) ne peut pas se permettre d'autres querelles avec son gouvernement, Kouchner ose s'affirmer, en laissant entendre que sa présence au gouvernement est conditionnelle?

23 août 2007

Le partage de l'échec

Très rapidement, quelques remarques sur le voyage de Kouchner en Irak.

D'abord, on comprend que la photo-op avec la famille Bush, ainsi que le choix du lieu de vacances de notre Très Grand Homme (TGH), font partie d'une stratégie coordonnée qui est plus lourde de conséquences qu'une simple réaffirmation de l'amitié franco-américaine.

L'Irak est-il l'aboutissement de cette stratégie, ou simplement un signe de plus de la soumission française? Difficile de dire. Tout indique que Sarkozy croit que la France a une carte à jouer en Irak, comme si l'échec américain n'était pas total. Si il y a une carte à jouer en Irak, ce n'est sûrement pas la carte américaine.

2 août 2007

Faiblesses de l'hyperouverture

Pendant la campagne présidentielle, toutes les interrogations sur la compétence portaient uniquement sur Madame Royal. La compétence à gouverner du Très Grand Homme (TGH) ne faisait pas l'ombre d'un doute. Pourtant, pendant le débat, c'était Sarkozy qui racontait des conneries sur l'entrée de la Turquie dans l'UE, tandis que Ségolène Royal présentait une position totalement en phase avec la véritable position diplomatique de la France.

Aujourd'hui, avec l'Affaire de la Contrepartie Libyenne, nous avons droit au spectacle d'un président, convaincu que sa bonne mine peut l'emporter dans n'importe quelle situation, qui se heurte à la réalité internationale. En condensé, la méthode Sarkozy ne fonctionne pas lorsque son interlocuteur n'a rien à foutre de l'opinion des téléspectateurs de TF1, ou a des intérêts de communication parfaitement opposés à ceux du TGH. Les ministres des finances de l'UE étaient très gentils à côté.

Ainsi, Saïf Al-Islam Kadhafi assure la communication auprès non seulement des Libyens, mais surtout auprès du reste du monde arabe, avec un message très simple : mon père les a eus. Il est évidemment suffisamment proche du pouvoir pour que l'on comprenne bien que ce n'est pas une petite fuite. Tiens, cette proximité avec le pouvoir, ça ne vous rappelle rien ? L'intervention de l'épouse du chef de l'Etat, par exemple?

Sarkozy ne peut pas proposer un poste de ministre à Kadhafi. Kadhafi ne fera pas partie de "l'ouverture". Il paraît qu'il n'a même pas sa carte à l'UMP. Kadhafi veut ses armes, il s'en fout des besoins de com' de celui avec qui il a fait son marché. D'autant plus qu'il lui suffit de dire la vérité. Au contraire de Sarkozy.

Pire encore pour le TGH, Bernard Kouchner, malgré sa soumission totale à l'ouverture, ne fait pas partie du petit cercle de personnes en qui Sarkozy a confiance. Il n'est pas au courant et il n'est pas content. Il ne joue pas le jeu en se laissant humilier, et oblige Sarkozy à s'enfermer définitivement dans le refus de toute contrepartie. Déjà personne n'y croit, et même Le Monde (j'allais dire Le Minc) est monté timidement sur ses chevaux de taille moyenne:

La "République irréprochable" que veut installer M. Sarkozy est prise en défaut de transparence, voire en flagrant délit de manipulation de l'opinion.

Double faiblesse du système Sarkozy. Faiblesse du côté de la kouchnerture, faiblesse surtout de l'omni-hyper-présidence. Ce n'est pas par hasard qu'il existe des hiérarchies diplomatiques. Le principe de toujours tout faire vite en y mettant un max d'énergie, c'est très cool, beaucoup plus cool que des lentes négociations qui n'ont pas l'air d'avancer. Encore une de ses fourmillères dans lesquelles il suffit de mettre un bon coup de pied. En l'occurence un coup de Nike. Le vieux système passait mal à la télé, était difficile à expliquer aux téléspectateurs. Mais il avait des avantages. Dont le moindre n'était pas la protection du chef d'Etat. Si une affaire tournait mal, on pouvait toujours virer un diplomate ou même le ministre. Mais Sarkozy n'installe que des fusibles grillés, car toute la lumière doit venir de lui. Jusqu'à ce que Kadhafi coupe le courant.