31 octobre 2008

"Pacte moral" : la chute (de la blague)

Bref retour sur le "pacte moral" (que CC avait relevé en même temps que moi ce matin).

Après avoir lu ce papier dans sur Le Monde, qui annonçait que le TGH menaçait les banques avec la perspective d'un "pacte moral". Quelques minutes, ou une heure ou deux, le même Monde sort une nouvelle version, complète, du même papier avec un nouveau titre : "Les banques françaises sous la menace d'une nationalisation partielle".

Et cette fois-ci, on voit que derrière le pacte moral, il y a la possibilité, en effet, d'une "nationalisation partielle" :

Renonçant aux actions, l'État s'est privé d'un ticket d'entrée au conseil d'administration des grandes banques. "Si la crise financière nous oblige à puiser encore dans l'enveloppe des 40 milliards, on réfléchit à une entrée au capital" indique une source gouvernementale. Car, pour le moment, l'exécutif n'est pas satisfait de l'attitude des banques. Certes, le taux de refinancement interbancaire, l'Euribor, est repassé sous les 5 %, signe que les banques se refont confiance mutuellement.

Mais, sur le terrain, les entreprises n'en perçoivent pas encore les effets.

En gros, même Le Monde constate que le cadeau fait aux banques n'était qu'un cadeau, qui a aidé les banques sans aidé le pays. Le problème des prêts interbancaires n'était qu'un problème technique, la véritable catastrophe sera économique : les banques ne font pas confiance aux PME qui sont les plus exposées à la crise, n'étant pas "trop grandes pour échouer".

La communication sarkozyste est peut-être à son plus fort quand elle doit transformer les échecs en nouvelles occasions de gesticulations hyperactives et rallonges de talonnettes. L'échec des 10 premiers milliards, est dû essentiellement à la timidité présidentielle qui n'a pas osé aller contre la volonté des banquiers, à la différence par exemple des Anglais pourtant réputé ultra-méga-libéraux et post-blairistes, sans parler des Américains... Pour couvrir cet échec, Sarkozy sort donc le "pacte moral" (rires) et la menace d'une participation de l'État... lorsque l'on puisera un peu plus loin dans les 40 milliards réservés aux banques.

Non seulement la ferveur du TGH est destiné à couvrir le premier échec, mais aussi prépare le terrain pour une seconde distribution de milliards, ce qui signifierait un échec encore plus grave : nos fleurons bancaires seraient donc bien plus menacés qu'initialement annoncé.

Ce qui ne m'étonnerait pas beaucoup.

3 commentaires:

Monsieur Poireau a dit…

Bah, les gars qui ont merdé sur les marchés, on leur donne 40 milliards à grignoter à l'apéro et sans contrepartie, il faut être con pour croire qu'ils vont s'en priver !
Sarkozy doit être con, alors...
:-))

himself a dit…

Marchés de dupes et coûts de p. :

http://tinyurl.com/5cnu7g

o16o a dit…

monsieur poireau,

C'est un petit garçon : il croyait que les banques étaient des copains.

Et après, il s'en fout : ce n'est pas son argent à lui. Que ce soit des banques qui l'aient, c'est quand même mieux que de le donner à des pauvres ou à des fonctionnaires.