14 novembre 2012

Pour ou contre l'austérité : la seule véritable distinction politique actuelle

 

Ce blog s'arrête de temps en temps, parfois pour une semaine ou deux, parfois pour des périodes plus longues. C'est comme ça.

Cette fois, depuis au moins quinze jours, je démarre des billets que je n'ai pas le temps de finir. Le billet du retour est toujours très difficile, car vous avez trop de choses à dire pour les caser dans un petit texte et dans une petit temps de rédaction.

Plutôt que d'écrire, on lit des choses intéressantes, et pour finir on a encore plus de choses à dire, ce qui rend le processus encore plus difficile.

Donc, pour aller vite, je vais essayer de synthétiser, sans argumenter.

 

La vraie question de la période ouverte en 2008 et qui se terminera, d'une manière ou d'une autre, peut-être autour de 2018 sera celle de l'austérité. Sur les questions économiques, je commence à penser que les distinctions droite-gauche vont s'estomper devant celle qui sépare les pro- et les anti- austérité.

Pour l'instant nous sommes dans une grande expérience macroéconomique qui va tester la croyance dominante, selon laquelle les dettes publiques nuisent à l'économie, et que celle-ci doit être "guérie" pour repartir. On sait que cela n'a plus ou moins jamais fonctionné ainsi, et que bien souvent les périodes de prospérité ont suivi des séquences très dépensières. Mais, pour l'instant, la plupart des participants au grand jeu, sur l'échelle mondiale, croient qu'il est ainis. Austérité, puis prospérité. Souffrir pour avoir la récompense. C'est chrétien.

Personne n'a dit combien de temps doit durer l'expérience, ni jusqu'à quel niveau de récession ou de dépression il faut aller pour obtenir les bienfaits de cette grande épuration. Je disais 2018 parce que je pense que, d'ici là, soit l'austérité aura été rejetée, sans doute par des mouvements populaires, soit les économies de l'Europe seront définitivement détraquées et que la question ne se posera plus.

Je disais donc que les questions gauche-droite doivent être réévaluées. Je commence (et c'est dur, quand on a un coeur gauchiste) à voir les choses ainsi :

  • Augmentation de la TVA : mauvaise, car cela enlève de l'argent à l'économie ;
  • Baisse des cotisation des entreprises : positive (eh oui… mes doigts ont du mal à taper ces mots), car cela remet de l'argent dans l'économie.

Autrement dit : il faut relancer les déficits. Taxer moins et dépenser plus. Le problème, c'est que cela ne marchera pas si toute l'Europe ne s'y met pas. Et elle ne s'y mettra pas.

 

L'Europe ne s'y mettra pas parce que nous, les "gens", les marchés financiers, les commentateurs à la télé, les dirigeants, les dirigés, les administrations, les administrés, sont convaincus que le problème, c'est la dette, et qu'une récession, même longue comme celle du Japon, sera toujours préférable à des déficits.

2 commentaires:

Nyantho a dit…

Je ne comprendrai jamais que l'on mène des politiques procycliques.

Omelette Seizeoeufs a dit…

Oui, c'est du délire, mais un délire tellement ancré dans les esprits...