9 février 2012

La valeur du travail pas cher

Il paraît que demain le Président de la R. va dire, dans le FigMag, ceci :

Sur le travail, il précise: «Après cinq ans de mandat, je suis plus convaincu que jamais qu’il faut récompenser le travail et renforcer la considération qu’on lui porte (…). Le travail est une valeur en soi, nécessaire à l’accomplissement de l’individu comme à la cohésion de la société. Tout ce qui peut alléger le coût du travail, récompenser l’effort, le mérite, faire la différence avec l’assistanat, doit donc continuer à être mis en œuvre de façon systématique».

D'accord, d'accord : "accomplissement de l'individu", "cohésion de la société", c'est presque du gauchisme ; "récompenser l'effort, le mérite", Lénine dit oui, quoiqu'avec des réserves.

Mais entre toutes ces belles idées, le Très Grand Homme (TGH) a réussi à glissé une perle de vérité, presqu'un lapsus tant elle renverse le sens de tout le reste :

Tout ce qui peut alléger le coût du travail […].

Quel rapport entre la reconnaissance de la valeur du travail et le fait que le travail ne devrait pas coûter cher ? Le travailleur ne mérite donc pas la protection que la société, qui reconnaît si bien sa valeur, ne veut plus payer ?

Le travail vaudrait plus s'il ne coûtait rien ?

2 commentaires:

Stéphane Laborde a dit…

Je cite :

"Le travail vaudrait plus s'il ne coûtait rien ?"

Je ne comprends absolument pas cette question.

S'il ne coûtait rien à qui ? S'il vaut plus pour qui ?

Qu'est-ce que le coût et la valeur ? En quelle unité est-ce mesuré ?

Ainsi si X propose à Y un panier d'orange pour qu'il lui donne un poème de sa composition.

Quel est le coût de quoi ? Quelle est la valeur de quoi ? En quelle unité de mesure commune entre X et Y, ces coûts et valeurs sont ils comparés ?

Sans répondre à ces questions il me semble totalement flou de poser des questions sur ces sujets.

omelette16oeufs a dit…

Je ne fais que propager le flou, soigneusement entretenu, dans les remarques du Président.

Je voulais être paradoxal, parce qu'il y a une contradiction fondamentale dans son propos : valoriser le travail en dénonçant son coût, je trouve que ce n'est pas logique.