15 août 2007

Dans la famille des losers...

Titre dans Le Monde daté du mardi 14 août: Nicolas Sarkozy, "adopté" par les Bush, affirme que "dans une famille, on peut avoir des désaccords".

En effet, Sarkozy a reçu le traitement familial - femme, enfants, grand-parents -, même si la souffrante Cécilia a voulu gâcher un peu le tableau (l'angine au mois d'août, ce n'est pas tout à fait impossible, mais dans ce cas pourquoi faire poireauter les Bush pendant une heure?). Le Très Grand Homme (TGH) reprend la métaphore pour affirmer justement son indépendance, et accessoirement celle de la France, à l'égard de l'ancienne hyperpuissance, en réponse aux doutes émis par le pas si loyal Raffarin (il faudrait creuser un peu ce rapport-là aussi). Bien sûr il passe à côté de l'essentiel. A dessein, bien sûr.

Le brave Raffarin avait dit au JDD:

Nous avons des valeurs communes avec les Américains, mais soyons vigilants, notre message au monde est différent.

Raffarin ne fait là que réaffirmer la politique à l'égard des Etats-Unis qui est celle de la France depuis de Gaulle, et qui, sous Mitterrand et Chirac dans l'ère post-soviétique, s'est spécialisée pour un monde unipolaire, avec la France se présentant comme interlocuteur alternatif.

Si désormais nous sommes tous dans la même "famille", la France peut-elle continuer à jouer ce rôle?

2 commentaires:

Editions Filaplomb / Philippe Braye a dit…

Elle est étrange la démarche de Sarkozy. Il n'y a plus aucun intérêt à l'international, d'être ami avec les Bush. Ils sont ringards et ont échoué sur à peu près tout.
A croire que le Néo-Président ne fait que fouler au pied le travail de son "père" (Chirac) juste pour se faire plaisir à lui-même…
:-)

omelette16oeufs a dit…

Oui, je pense qu'il ne faut pas sous-estimer cette envie profonde chez Sarkozy de faire le contraire de Chirac. Quand on ne comprend pas pourquoi il fait qqch, c'est souvent simplement pour ne pas faire comme Chirac (sans parler de Villepin...). Toute l'histoire de la "légitimité du suffrage universel" allait dans ce sens: l'éclosion d'une critique larvée de Villepin qui n'avait jamais été élu.