18 juin 2007

Royal, Hollande, Bacqué

Libé publie un entretien avec Raphaëlle Bacqué, qui, au vu de l'annonce de la rupture du couple Royal-Hollande, trouve que le livre qu'elle a écrit avec Ariane Chemin était parfaitement justifié.

Je m’étonne que la presse française continue d’attendre l’autorisation des responsables politiques pour publier des informations qui ont clairement un retentissement politique. Ce qui m’a frappé, dans les critiques qui nous ont été faites, c’est la confusion de nos confrères entre ce qui relève du politique, du people et du privé. Ariane Chemin et moi-même avons fait très attention en évoquant la vie de couple de Ségolène Royal. Nous n’avons pas parlé de son intimité, seulement des événements de sa vie privée qui avaient un impact politique. Nous pensons que c’était légitime.

Sur la question du droit des journalistes d'enquêter sur la vie privée des hommes et femmes politiques, et de publier ce qu'ils trouvent, je n'ai rien à reprocher à Bacqué et Chemin. Ce n'est pas le moment d'encourager la timidité des journalistes ! Le problème n'est pas là, dans l'idée d'une violation de la vie privée. Hollande, Royal et les autres sont des grands, ils savent, ou devraient savoir, gérer ce genre de situation.

Ce qui reste à démontrer, en revanche, c'est la thèse selon laquelle le drame du couple aurait eu des répercussions politiques. Bien sûr, il est impossible d'imaginer que le fait d'être en couple n'a pas joué, tout au long des carrières des deux protagonistes. En revanche, je n'ai pas encore vu la preuve de ce qu'affirme encore, dans l'entretien sus-cité, Raphaëlle Bacqué:

Le coming out de Ségolène Royal montre qu’il y avait bien un conflit privé qui a retenti sur la vie politique. De nombreux responsables socialistes — Jean-Marc Ayrault, Claude Bartolone, Julien Dray, Manuel Valls — le reconnaissent aujourd’hui.

Le problème, au fond, c'est que Ségolène Royal et François Hollande se sont comportés, sur le plan politique, comme s'ils n'étaient pas un couple (et, pour ce qui concerne Hollande en tout cas, sur le plan perso aussi...). Mais n'est-ce pas là, justement, ce qu'on peut souhaiter de mieux? Lorsqu'ils ont des désaccords, des rivalités politiques, c'est toujours le politique qui prime. C'est normal, de ce point de vue, qu'ils ne fassent pas équipe. Chacun a un rôle à joué, un destin à géré, etc.

Bacqué affirme que de nombreux haut responsables au PS sont d'accord avec sa thèse, mais n'offre même pas d'exemple d'un débordement de la vie du couple sur la sphère politique.

En revanche, il est parfaitement compréhensible qu'il soit plus commode -- sur tous les plans --pour Ségolène Royal et pour François Hollande de se séparer publiquement, mais cela ne confirme pas la thèse selon laquelle la vie personnelle serait derrière toutes les péripéties qui ont eu lieu au PS depuis quelques mois.

2 commentaires:

Juan a dit…

Si on fait un parallèle entre le traitement réservé à Sego/François (après tout, ils n'y sont pour rien si tous les deux ont acquis une stature nationale), et l'indulgence réservée par les médias à Sarko & Cécilia, on excuse Sego (en tout cas, perso, je ne vois quoi lui reprocher)... j'ai mis un billet sur mon blog sur le sujet...
amitiés

omelette16oeufs a dit…

Le pouvoir la masculinité excusent tout.

Je m'empresse d'aller voir le billet sur Sarkofrance.