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29 septembre 2008

Encore lui ? Le jospinisme et ses contextes

Oui, j'avais promis que c'était fini, les billets sur le jospinisme, et pourtant me revoilà. Tout d'abord pour dire du bien de Jospin. Du Jospin de 1997. Je suis tombé, un peu par hasard, sur cette étude extrêmement savante, en anglais, même, sur les années Jospin. Je n'ai pas tellement compris toutes les théorisations sur les différentes formes de coalition, car j'ignorais l'existence même de ce type de théorie. En tout cas, c'est une plongée intéressante dans l'ambiance de ces années de la Gauche Plurielle. Les auteurs de l'article n'arrêtent pas de dire combien c'était difficile de maintenir cette coalition, comment la plupart des commentateurs de l'époque pensaient que le gouvernement Jospin ne durerait qu'un an ou deux, comment il a fallu être malin pour équilibrer les choses entre les Verts et les Communistes, etc.

En fait, si je suis tombé sur cet article en anglais, c'est que j'étais en train de m'amuser du fait que mes billets sur le jospinisme avaient réussi à s'imposer en première position sur la recherche Google "jospinisme". Comme quoi il n'y a pas beaucoup de choses d'écrit sur ce qui n'est pas vraiment tout à fait une pensée politique, mais plutôt une réaction sage, intelligente, habile à une situation complexe dont la donnée essentielle, avant de parler de ce que sont devenus par la suite les Verts et le PCF, qui était la cohabitation. Si la Gauche Plurielle allait gouverner sérieusement, il ne fallait pas trop laisser prise à la critique de la droite. De plus les Verts et les Communistes jouaient bien leur rôle de caution gauchiste.

Aujourd'hui, la situation est tellement différente qu'il semble dangereux de supposer que les mêmes recettes qu'en 1997 pourraient servir à nouveau. Les cautions gauchistes se sont évanouies et le PS doit fournir sa propre aile gauche, à moins que ce rôle ne revienne à Olivier Besancenot. La droite s'est durcie. Les gestes dans le sens de l'"ouverture" ne pourront plus avoir la même signification que l'entente entre Jospin et Chirac qui était certes difficile mais pas destructive. Les appels à la "responsabilisation" du PS que lance Manuel Valls de temps à autre, et que Michel Rocard a étrangement repris tout récemment, n'ont plus aucun dans le contexte actuel.

Mais peut-être la différence la moins visible entre 2008 - ou 2012 - et 1997 mais la plus significative, c'est le temps écoulé depuis 1983 et le célèbre changement de cap mitterrandien. Quand Lionel Jospin est devenu Premier Ministre en 1997, cela faisait juste deux ans depuis la fin du second mandat de François Mitterrand. Bien sûr, on peut s'interroger sur la nature profondément socialiste de ce mandat, il est clair toutefois que la référence socialiste était encore présent dans les esprits en 1997. En 2012, cela fera dix ans que la France n'aura connu ni président ni gouvernement de gauche. Cela fera quinze ans depuis l'invention de la Gauche Plurielle qui était déjà le prolongement très équilibré et consensuel (avec droit d'inventaire) d'un mitterrandisme dont l'élan était, dit-on, déjà brisé en 1983. (Marc Vasseur cite un article qui me semble tout à fait pertinent à ce sujet.) On en arrive à un écart de 3929 ans... 1983-2012. C'est beaucoup. C'est long. Trop long pour pouvoir espérer que ce qui marchait alors marchera encore demain.

On m'objectera : "mais depuis 1983, presque rien a changé". C'est vrai. Seulement la fin de la guerre froide, la mondialisation, la montée de la Chine, l'arrivée d'une économie de l'information, le début de la fin du pétrole, l'hyperconsumérisme, le langage SMS... j'en oublie mais on voit quand même que rien n'a changé.

Edit: Nicolas J. me signale une énorme erreur de calcul, désormais corrigée, qui indiquerait que le jospinisme a de beaux jours devant lui si c'est moi qui dois tenir les comptes chez ses opposants.

26 juillet 2008

Pour une gauche flasque et servile

Depuis quelques temps, je me désintéresse un peu de Nicolas Sarkozy. J'ai moins envie de bloguer à propos du TGH qu'avant, car j'ai un peu l'impression qu'il est plus ou moins démasqué. Je parle là de ce qui me donne envie ou pas de faire un billet. Je ne veux surtout pas dire que ce n'est plus utile de bloguer contre Sarkozy. Au contraire. Mais pour l'instant j'ai l'esprit qui vagabonde un peu. Je me suis décroché de l'orbite.

Je pourrais dire la même chose de Manuel Valls. Valls s'est vautré dans le rôle du sarko-socialiste au point d'en devenir presque une caricature, et de devenir une cible trop facile. Mais comme il ne faut quand même pas baisser la garde contre Sarkozy, il ne faut pas non plus laisser Valls tranquil dans son coin. La dernière fois, c'était quand lui, Gorce, Cambadélis et quelques autres avaient cru bon de publier une tribune chez les vespéraux pour dire qu'il fallait voter pour la révision de la Constitution, contre laquelle ils ont tous fini par voter. Pourquoi? Manque de conviction finalement? Toujours est-il que Jack Lang semble être le seul à avoir retenu leur leçon, sauf qu'on peut imaginer qu'il en écoutait une autre, plus personnelle, destinée à lui seul, qui se dévoilera dans semaines ou mois à venir. (Le Canard de cette semaine à des informations juteuses sur les différentes transactions qui ont eu lieu entre l'Elysée et divers députés hésitants. J'y reviendrai peut-être.)

Valls et les siens n'ont pas osé voter contre leur parti, mais ils n'ont pas hésité à dénoncer aussi sec l'anti-sarkozysme primaire du PS. Voici le morceau qui a fait le tour des médias :

Il n'en reste pas moins que le PS doit s'interroger sur sa stratégie de parti d'opposition. Sa disqualification résulte de son incapacité à s'abstraire d'une forme d'anti-sarkozysme pavlovien qui le conduit à s'opposer systématiquement à tout projet émanant du président de la République. Cette ligne de conduite est dangereuse et fait le jeu de celui qu'elle prétend combattre. Elle nous éloigne des Français qui n'écoutent plus un parti réfugié dans une opposition caricaturale. Elle crédibilise un discours purement protestataire.

J'espère que Valls, et Caresche, Le Guen et Gorce, les autres signatures du texte, sont simplement naïfs et ne sont pas conscients de l'erreur monumentale de communication qu'ils sont en train de commettre. Heureusement qu'ils sont moins connus que Jack Lang, mais à couverture médiatique égale, leurs arguments ne sont pas moins nuisibles à la crédibilité de la gauche que ceux de "Djack".

Le véritable argument, si je peux résumer avec des traits un peu gros mais en étant je pense d'assez bonne foi, est que, comme cette révision constitutionnelle ne changeait presque rien au fonctionnement de la République, toute opposition à elle ne pouvait être que "pavlovienne", anti-sarkozysme primaire. Sauf qu'on ne voit pas trop l'intérêt de défendre une "réforme" en arguant qu'elle ne réforme rien, justement. Donc on sort le blah-blah élyséen : renforcement des droits du parlément, etc.

En réalité, cette réforme s'est attelée à revaloriser les pouvoirs du Parlement et à donner des droits nouveaux aux citoyens. Ce choix a été celui du comité Balladur qui, à juste titre, a estimé que l'urgence était de palier le déséquilibre né de l'adoption du quinquennat et de l'inversion du calendrier électoral. Face à la toute-puissance de l'exécutif, il est impératif de donner plus de pouvoirs au Parlement, notamment en matière de contrôle.

Sauf que les pouvoirs donnés au Parlément sont tellement faibles qu'ils ne font que souligner, par leur faiblesse même, le caractère présidentiel du régime, tout comme la fameuse possibilité pour le Monocrate de s'adresser au Parlement.

Certains regrettent que cette évolution se fasse au détriment du premier ministre. Outre qu'il paraît difficile de revaloriser le Parlement sans restreindre les pouvoirs du gouvernement, il aurait fallu, pour que cette critique soit pertinente, être en mesure de trancher la question de la nature du régime.

Voilà le vrai subterfuge sarkozyën : on parle de limiter "l'Exécutif", mais on impose surtout des limites au gouvernement, laissant le Président agir comme auparavant. Or, dans le face-à-face entre le Président et le Premier Ministre, le Parlement est naturellement du côté du second, puisqu'il peut exercer un contrôle sur lui, mais pas sur le Président. Le reste n'est qu'écran de fumée. Mais face à cette dérive, Valls et ses amis ont recours à leur parade préférée : incriminer à nouveau le PS. Voici la suite de la citation précédente:

Le PS ne l'a pas fait, laissant coexister en son sein ceux qui sont favorables à une présidentialisation de la Ve République et ceux qui privilégient le renforcement du premier ministre et une évolution primo-ministérielle.

Fallait-il que le PS se divise sur ce point? Enfin, oui, peut-être qu'il aurait fallu exclure Lang bien plus tôt. Mais s'il faut se diviser ou procéder à des exclusions sur chaque question ("laisser coexister en son sein", c'est quand même fort), la vie du Parti risque d'être dangereuse. Toujours est-il que la présidentialisation du régime n'est pas la faute du PS, comme Valls et les autres semblent suggérer.

Ce qui restera de ce billet commun, c'est surtout le mot "anti-sarkozysme pavlovien". Comme si toute opposition, hormis sur des questions traditionnellement réservées à la gauche... et encore, relevait tout simplement de rivalités politiciennes, comme si le sarkozysme n'était pas un tout, un bloc communicationnel bien solide. Valls et al. semblent croire que le PS aurait une voix plus forte s'il disait le même chose que l'Überprésident. Il y a un parti politique qui s'est fondé récemment dans ce même espoir. Vous en avez entendu parler peut-être, ça s'appelle : Gauche Moderne. Si on n'entend pas tellement la voix de ce parti-là, c'est que pour l'instant ses dirigeants ont choisi de porter leur action sur une question bien précise, avant de l'élargir bien sûr à d'autres sujets. Oui, pour l'instant la Gauche Moderne profite de toute sa visibilité, de la puissance de sa voix en harmonie avec celle de notre Lider Maximo, pour s'occuper surtout des anciens combattants. C'est très bien. Cet exemple ne peut qu'inspirer Messieurs Valls, Gorce, Le Guen et Caresche. Espérons-le.

Nicolas Sarkozy est à 35% dans les sondages. Comment peut-on penser aujourd'hui qu'il y a quelque chose a gagner en ralliant sa position qui est politiquement faible? Manuel Valls et ses amis disent que le PS n'a rien gagné en s'opposant, comme des chiens (c'est quand même le sens de "pavlovien"), à la révision de la Constitution. Et là ils se trompent à nouveau : en gagnant sur le fil du rasoir, Sarkozy a perdu un peu plus de sa légitimité ; en mettant la pression maximale, plusieurs mauvaises idées constitutionnelles ont été abandonnées. Difficile de crier "Victoire!" dans cette situation, mais le PS a sans doute réussi à éviter une réforme qui aurait été bien pire que celle-ci.

24 mai 2008

Les dix-sept

Juste quand le PS se réveillait un peu de la torpeur d'une opposition sous la Ve pour s'opposer un peu à la révision à la fois majeure et faiblarde de la Constitution, un groupe de 17 députés socialistes croient bon de publier une tribune dans Le Monde pour annoncer leur décision de voter pour cette admirable réforme, contre l'avis de leur parti. Pour ne pas les oublier, voici les noms :

  • Patricia Adam, députée du Finistère;
  • Patrick Bloche, député de Paris;
  • Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris;
  • Christophe Caresche, député de Paris;
  • René Dosière, député de l'Aisne;
  • Paul Giacobbi, député de Haute-Corse;
  • Guillaume Garot, député de la Mayenne;
  • Jean-Patrick Gille, député d'Indre-et-Loire;
  • Gaëtan Gorce, député de la Nièvre;
  • Danièle Hoffman-Rispal, députée de Paris;
  • Jean-Marie Le Guen, député de Paris;
  • Armand Jung, député du Bas-Rhin;
  • Sandrine Mazetier, députée de Paris;
  • Didier Migaud, député de l'Isère;
  • Dominique Raimbourg, député de Loire-Atlantique;
  • Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère;
  • Manuel Valls, député de l'Essonne.

Que du beau monde, n'est-ce pas? Six députés parisiens, dont Cambadélis. Et aussi Gaëtan Gorce, et évidemment le sarkozyste de gauche, Manuel Valls.

On peut admettre certains des arguments de ces 17 députés : la "réforme" n'est pas si mauvais, la plupart des points importants ont déjà été supprimés en commission, et il y en effet quelques avancées importantes : le référendum populaire est peut-être le seul qui soit incontestable, même si on ne peut pas du tout savoir ce qu'il donnerait en pratique. Pour les autres, pas encore dégommées en commission, c'est toujours l'ambiguïté et la timidité qui règnent : suppression du 49-3, oui, mais pas pour les lois de finances, et avec un joker par session parlementaire ; une vague reconnaissance d'une opposition (contestée par François Bayrou car cela l'empêcherait de se placer délicatement entre deux chaises) qui concerne la gestion des partis mais ne confère pas de pouvoir politique ; un partage de l'ordre du jour entre le gouvernement et sa majorité à l'Assemblée, de quoi mettre un peu plus de pression sur Jean-François Copé, mais guère plus ; l'encadrement des nominations présidentielles sera également sans effet puisqu'il faudrait les trois cinquièmes de l'Assemblée pour aller contre le Président, ce qui, sauf en cas de cohabitation, impliquerait une étrange complicité entre majorité et opposition contre le Président. Même la possibilité d'une saisine du Conseil Constitutionnel par de vulgaires citoyens n'est pas encore assez nettement définie pour qu'on puisse supposer qu'il s'agisse d'un véritable progrès. Bref, essentiellement des miettes, auxquelles il faut encore soustraire deux éléments effrayants : le Président qui s'addresse au parlement, et une modification des procédures parlementaires qui transfère une partie importante du travail de l'Assemblée vers les commissions et qui aboutit à un "encadrement" du droit d'amendement. "L'encadrement" d'un droit est une manière de dire sa "réduction", ou sa suppression. En l'occurence, il semblerait que l'UMP souhaite supprimer l'une des seules armes de l'opposition, la possibilité, au nom de la nuisance générale, de proposer des centaines d'amendements.

L'argument évoqué par nos dix-sept braves, selon lequel cette révision serait un progrès important que l'on ne devrait pas laisser tomber même s'il est imparfaite, ne me semble pas recevable. Au mieux, il y a quelques améliorations légères, mais, toujours au mieux, rien qui ne va changer le cours des choses. Et surtout, on peut s'interroger sur l'opportunité de cette démarche, de cette tribune publiée au moment même où leurs camarades font, vraisemblablement, de leur mieux à l'Assemblée pour tirer de l'UMP au moins quelques concessions.

Gaëtan Gorce explique sur son blog :

J'ajoute, et ma conviction n'a pas changée, que le gauche reconquerra la confiance de l'opinion non en menant une opposition frontale, mais en faisant preuve d'un véritable esprit de responsabilité. La désinvolture de Sarkozy, son cynisme aussi, le manque de professionnalisme de son équipe et de sa majorité, ont créé un trouble profond. Faut-il en rajouter? La gauche l'emportera, et marquera des points , en témoignant de sa sagesse, de son sens de l'intérêt général, de sa maîtrise des sujets, bref, en jouant une partition symétriquement différente de celle de l'UMP.

Je ne suis peut-être pas d'accord sur le refus de "l'opposition frontale", mais là où je décroche vraiment, c'est entre l'esprit de responsabilité et le constat de la "désinvolture" et du "cynisme" de Sarkozy. Si le Président fait mal son travail, si son équipe et sa majorité ont des problèmes de "professionnalisme", en quoi est-ce "responsable" de les suivre gentiment dans leur échec? C'est comme ça que la gauche va "marquer des points"? C'est ça la sagesse? Lorsque le Très Grand Homme (TGH) annoncera son succès historique, la France prendra-t-elle le temps d'avoir une petite pensée pour le PS qui a su si bien jouer son rôle? (Lire, à ce sujet, sur le blog de Gorce, le commentaire laissé par l'intrépide Martin P.)

Cette stratégie qui est en somme celle de Valls pouvait paraître logique il y a douze mois, quand Sarkozy parvenait encore à incarner, aux yeux d'une majorité de Français en tout cas, la modernité politique. Aujourd'hui, alors que le TGH est désavoué par les sondages, et que nous avons vu à quel point les promesses étaient vides, je ne comprends plus du tout l'intérêt d'une telle stratégie, si ce n'est simplement le refus de dire qu'ils avaient eu tort.

14 février 2008

Raffarin et Le Monde

Alain Minc est parti du Monde, une « nouvelle équipe » est censée être en place. Hier, daté de je ne sais quand, nous avons eu le plaisir de lire dans Édito une très belle attaque contre la politique audiovisuelle du Pouvoir. Voici la partie qui m'a plu :

Les pouvoirs publics ont beau jurer, la main sur le coeur, que chaque euro de publicité supprimé sera compensé et qu'il n'est pas question de modifier le périmètre des chaînes publiques, tous les doutes sont permis. Surtout quand l'on entend les responsables de chaînes privées affirmer avec aplomb que les télévisions publiques sont peut-être trop nombreuses et pourraient sans problème fonctionner à moindre coût.

De deux choses l'une : ou bien l'exécutif sait où il va, et il est urgent qu'il le dise ; ou bien il a pris le risque de déstabiliser les chaînes publiques sans en mesurer les conséquences. Ce serait d'une coupable désinvolture.

Est-ce le signe d'un changement ? Espérons. Car, malgré tout, le journal véspéral joue un rôle important dans la formation de la pensée collective du jour. Quand le Monde se met à nous refourguer du sarkozysme refroidi, ce n'est pas bon.

À ce propos, prenons ces paroles dans le récent tchat avec J-P Raffarin, ce même tchat où l'ancien Premier Ministre tente de relancer Valls à gauche ("J'ai de l'estime pour des responsables comme Manuel Valls par exemple"), histoire de mettre un peu de désordre à gauche, sûrement. Prenons donc ces paroles :

Naaba : 9 mois, c'est le temps de gestation chez l'Homme, mais c'est également le temps qu'a passé Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République. Quel est selon vous le résultat de ces 9 mois de gestation ? [...]

Jean-Pierre Raffarin : Pour moi, ces neuf mois sont marqués par le succès du traité de Lisbonne, par l'accord des partenaires sociaux pour un nouveau contrat de travail, par l'augmentation significative du nombre d'heures supplémentaires en France, ou par l'autonomie des universités.

Il est paradoxal que l'on apprenne le même jour ces deux nouvelles : chute de 8 points de Nicolas Sarkozy dans le dernier sondage Sofres et baisse de 200 000 chômeurs dans la France de 2007. En termes de bilan, la baisse du chômage l'emportera.

Il est tout de même curieux que ces deux arguments (glorieuses réalisations de Sarkozy, baisse du chômage) furent formulés en presque exactement les mêmes termes par les éditorialistes anonymes du Monde. J'ai déjà consacré un billet au deuxième point, me demandant pourquoi le journal avait décidé de s'occuper de la communication défaillante du Très Grand Homme (TGH).

Pour ce qui est des réalisations, un éditorialiste anonyme, dans un papier intitulé L'effet boomerang avait écrit ceci :

Quant aux Français, hier stupéfiés ou séduits, les voilà qui grognent et doutent, oubliant ce qui a été fait (le nouveau traité européen ratifié, les régimes spéciaux de retraite alignés, la réforme de l'université engagée, une présidence active et assumée...) pour mieux pointer ce qui ne l'a pas été : le "choc de confiance" propice à la croissance réduit à néant par la récession économique qui menace, et le "président du pouvoir d'achat" contraint à de cruels aveux : "Les caisses sont vides" et, en quelque sorte : "Circulez, il n'y à rien à attendre." (C'est moi qui souligne, o16o.)

L'éditorialiste et Raffarin ne citent pas exactement les mêmes choses, mais les deux phrases sont curieusement semblables dans l'ordre de présentation : Lisbonne, le social, la réforme. Le Monde pousse le bouchon un peu loin en ajoutant une présidence active et assumée, comme si c'était un bien en soi, et en affirmant ensuite que tout ce qu'a fait Sarkozy est bien, mais oublié par la population ; tous ses échecs sont dûs aux circonstances. (Le fait que ce soit justement le "choc de confiance" qui ait vidé les caisses a malheureusement échappé au journaliste. En tout cas, il est difficile de trouver une meilleure défense du TGH.)

Peut-être, tout simplement, que Raffarin avait intégré l'édito et que la formule est sortie toute seule. Où est le mal? Peut-être que c'est une pure coïncidence. Je ne veux pas me lancer dans une théorie du complot, selon laquelle un grand journal qui n'est pas Le Figaro pomperait directement ses éditos dans les argumentaires de l'UMP. Ce qui est remarquable, ici, c'est le fait que les deux discours soient compatibles à ce point. Ecouter un haut responsable de l'UMP ou lire les éditos du journal dit "de référence", cela ne devrait pas être tout à fait la même chose.

28 novembre 2007

Valls, Gorce : réfonder pour ne rien dire

Sur les mouvements sociaux, le PS a été inaudible, invisible. On a du mal a ne pas être d'accord avec Julien Toledano, contre la position molle de François Hollande et donc du PS. En disant que le PS fut "inaudible", je ne fais que reprendre Manu Valls, qui disait l'autre jour dans Libé :

On vient encore de le constater face au dossier des régimes spéciaux de retraite sur lesquels nous sommes inaudibles. Le PS crève de ses fausses synthèses au nom de l'unité.

Inaudibles, tiens! Et Valls, l'a-t-on entendu, sur ces régimes spéciaux? Voici ce qu'il avait à en dire, ce grand réfondateur:

Le député PS Manuel Valls a dit dimanche 18 novembre être favorable à l'alignement des régimes spéciaux de retraite sur ceux de la fonction publique. Alors qu'il était interrogé par France 2, le député de l'Essonne a déclaré: "oui, il faut harmoniser les régimes spéciaux sur les 40 années de cotisation de la fonction publique". Il a également affirmé que le PS "aurait dû être plus clair" sur ce sujet pendant la campagne présidentielles.

Quel courage, qu'est-ce qu'il est audible! Tout en reprenant la ligne du parti, et donc celle de Hollande, il trouve le moyen d'en faire une critique du PS, plutôt qu'avec, par exemple, du Président de la R. Non, le plus grave, c'est que le PS aurait dû être "plus clair" là-dessus.

Ainsi, les appels à la réfondation sonnent de plus en plus creux. Que Hollande ait une grande part de responsabilité dans la situation actuelle, c'est une évidence. Encore que... comme une famille classiquement dysfonctionnelle, c'est peut-être moins la faute de celui qui a maintenu ce que Valls appelle les "fausses synthèses", que celle, collective, de tous ceux qui étaient plus confortable dans un statu quo consensuel mais pleins de non-dits, que dans le danger d'un réel changement de cap. L'ironie de l'histoire, c'est que celle qui a osé brisé le consensus, c'était quand même Ségolène Royal, qui avait des relations familiales d'une autre sorte avec le Premier Secretaire.

Mais revenons à Valls, et aussi à Gorce, qui dressait, il n'y a que quelques jours, "l'acte de décès du socialisme traditionnel":

"De l'autre, a-t-il poursuivi, les rénovateurs qui pensent au contraire que nous sommes entrés dans un monde radicalement nouveau et que la fidélité à nos valeurs doit s'accompagner d'une révision complète et sans tabou de notre projet politique."

[...]

Il a dénoncé "l'attentisme" qui «trouve toujours de nouveaux prétextes pour ne rien changer" et ce qu'il a appelé "l'arrangisme".

Cette attitude, selon lui, "se donne aujourd'hui libre cours" dans le parti. Elle "consiste à opérer les recompositions, les alliances, les futures synthèses, sans aucun rapport avec les questions de fond, sans souci de l'orientation politique commune, en continuant à brouiller les repères et les enjeux".

Ce sont les mêmes thèmes que Valls : mauvaise "synthèse" hollandaise, modernisation dont on ignore le contenu véritable. Quand je parlais de la stratégie Valls, en septembre, il était clair que la modernisation à laquelle il faisait sans cesse appel, c'était en réalité le sarkozysme, tout simplement. Cette analyse tient encore, à mon avis. Mais maintenant que les choses se précisent davantage, on s'aperçoit que le discours de ces "réfondateurs" est tout simplement une manière de profiter de la faiblesse du PS pour s'imposer comme une alternative, sans rien proposer.

Combien de fois faut-il que Dagrouik nous rappelle que le PS n'a pas besoin de se réfonder pour reconnaître le marché ? La "réfondation", telle qu'elle se présente, est simplement une manière de prendre le pouvoir, et en quelque sorte de prolonger le jeu des personnes qui a si bien réussi jusqu'à présent.

19 septembre 2007

La stratégie Valls

Ca va faire maintenant trois ou quatre semaines que je me dis qu'il faut faire un billet sur Manuel Valls. Pour des raisons conjoncturelles, je me suis, pendant ce temps, davantage occupé à approfondir mon anti-sarkozysme primaire plutôt que de commenter ce qui se passe à gauche. Mais pour parler de la gauche, il faut d'abord que je me débarrasse de Valls. Même si CSP se charge de le dégommer régulièrement, il y a des éléments qui me perturbent encore.

Commençons par un peu de lecture.

Le 21 août, un entretien dans les augustes pages du Figaro, où M. Valls s'acharne à renforcer tous les thèmes du sarkozysme:

Nous avons un président hyperactif. Cela ne me choque pas. Les Français lui ont donné la légitimité pour agir. Si l'hyperactivité ne peut pas être sa seule marque de fabrique, je me garderai bien d'un jugement hâtif. [...]

Légitimité? S'ils étaient malins, les socialistes s'abstiendraient de prononcer ce mot dans la même phrase que le mot "Sarkozy", ou même, que dis-je, dans le même paragraphe, ou le même jour... L'immense "légitimité démocratique" de notre immense président est ce qui justifie toutes les dérives, le cas le plus visible étant celui de Rachida Dati dans sa conception de son rôle vis-à-vis des procureurs. (L'autre prétexte à dérives est bien sûr : "c'était une promesse de campagne de Nicolas Sarkozy".) Mais reprenons Valls en vol.

Nous sommes au bout d'un cycle: une grande partie des idées de gauche se sont épuisées. Pour que le PS retrouve une crédibilité, il doit être porteur d'un projet vraiment différent. Cela demande du temps et beaucoup de travail. Si nous ne changeons pas en profondeur notre logiciel, nous resterons durablement dans l'opposition. Face à la droite, nous devons nous opposer en trouvant le ton juste, contrôler l'action du gouvernement, mais aussi proposer. Nous pouvons faire un bout de chemin avec la majorité, à condition qu'elle nous entende, sur des sujets qui peuvent faire consensus. Je pense aux moyens qu'il faut donner à la justice, à la lutte contre la criminalité ou encore au dossier de l'immigration. (C'est moi qui souligne, o16o.) [...]

Ce que je souligne ici, c'est l'énorme erreur stratégique qui consisterait à appuyer la droite sarkozyste justement sur le point où il faudrait au contraire commencer à faire payer au Très Grand Homme (TGH) ses flirts avec l'extrême droite pendant la campagne. S'il y a bien une domaine où Sarkozy n'est pas légitime (politiquement, moralement), c'est bien celui-là. Si la gauche doit "faire un bout de chemin avec la majorité" sur cette route-là, précisément, on doit se demander s'il y aura encore des endroits où il faudrait laisser l'UMP s'embourber tout seul.

Nous sommes dans une économie de marché, il faut l'admettre définitivement. Nous devons dire également que le travail est une valeur, que nous ne sommes pas favorables à une société de l'assistanat. [...]

Le deuxième sujet essentiel, c'est celui de l'autorité, qui est en crise. Une société a besoin de règles et d'ordre. L'autorité, républicaine, est une valeur de gauche, car son bon exercice permet de créer et de préserver le lien social, le « vivre ensemble ». [...]

Et c'est là où crie "Arrête!" (Ou: "arrêtez", je m'imagine plutôt en train de vouvoyer Manu Valls.) C'est presque le texte même du discours de Sarkozy le 6 mai :

Le peuple français s'est exprimé. Il a choisi de rompre avec les idées, les habitudes et les comportements du passé. Je veux réhabiliter le travail, l'autorité, la morale, le respect, le mérite. Je veux remettre à l'honneur la nation et l'identité nationale. Je veux rendre aux Français la fierté d'être Français. Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres.

Bien entendu, cette approche ne se limite pas à ce seul entretien au Fig. Le voici le 10 septembre:

Le député-maire PS d'Evry Manuel Valls a déclaré lundi qu'"il faudra aligner les régimes spéciaux sur le régime général", reconnaissant l'utilité d'une réforme évoquée dimanche par le Premier ministre François Fillon.

"Il faut dire la vérité aux Français, il faut être clair, (...) il faudra aligner les régimes spéciaux sur le régime général", a-t-il déclaré sur RTL, reprenant des propos tenus également dans "Les Echos".

"C'est une question d'abord d'équité, et puis aussi une question financière parce que nous savons que demain il y aura pour ces régimes (spéciaux, NDLR) beaucoup plus de retraités que d'actifs", a-t-il expliqué.

La gauche n'a qu'à suivre le bon exemple de la droite. Toute contestation est inutile et, surtout, infondée.

Ce qui est ahurissant, ce n'est pas tant que Valls cherche à se placer plutôt à droite de la gauche, même si je trouve cette stratégie criticable et vouée à l'échec, c'est qu'il semble ne pouvoir parler qu'en validant tous les thèmes de Sarkozy.

Pourquoi faire ainsi? CSP y voyait, au début, des signaux genre Michel Rocard, pour laisser savoir à l'Elysée que Valls serait favorable à une place dans l'ouverture. Mais il semble clair que Valls se voit bien dans le PS, et que toutes ces remarques ont été faites pour avancer à l'intérieur du parti, et même pour participer à sa mythique réfondation.

C'est ainsi qu'on en vient à comprendre la stratégie de Valls. Valls veut être le Sarkozy de la gauche. C'est une manière d'avoir raison contre ses camarades car il se sait que les fondements de son discours son appuyés par les médias et sont en train d'être intégrés dans le "sens commun" d'une grande partie de l'électorat, y compris, malheureusement, celui de gauche. Autrement dit, Valls veut prendre pour lui un peu de la "rupture" sarkozyenne. Être sarkozyste, même quand on est au PS, c'est, semble-t-il, être moderne, lucide, pragmatique, et dans l'air du temps.

Et pourtant, même quand elle n'est engagée que par un seul malin, c'est une démarche catastrophique. Car Valls, même individuellement, est en train de saper les arguments d'opposition du PS. Le débat qui devrait se tenir entre le PS et l'UMP pourrait devenir un nouveau prétexte pour la bagarre interne au PS.

Donc : non, on ne peut pas être d'accord avec l'"analyse" sarkozyenne de la société française et de tous ses problèmes et baser son opposition sur des considérations de méthode. Autant alors disparaître en tant que force politique. Je ne sais pas quel est l'avenir du PS, mais je sais que ce n'est pas avec Sarkozy.

30 juillet 2007

Bockel

Libération résume un entretien de Jean-Marie Bockel publié dans Marianne. Je n'ai pas trouvé l'entretien sur le site de Marianne et je n'ai pas la version papier; je dois me contenter de ce qu'en dit Libé.

De toute façon, il n'y a rien de neuf. Ou presque.

Bockel nous sert le même plat que nous avons déjà eu tant de mal à digérer. La réforme pour la réforme, l'action pour l'action. Peu importe l'orientation politique, si ça bouge. Bockel, Besson, Lang semblent s'être concertés.

Voici la version Bockel:

Il est «nécessaire d'avoir un chef de l'Etat engagé qui donne une ligne claire à la politique gouvernementale».

Ou encore:

L'ex-responsable socialiste estime qu'«il faut qu'il se crée (en France, ndlr) un sentiment d'adhésion à quelque chose, sinon nous risquons de stagner dans l'autocritique à force de répéter que nous sommes de mauvais élèves».

« Adhésion à quelque chose ». A quelque chose ? Peu importe la chose? C'est admirable, comme vision politique. Effectivement, le style Sarkozy est en train de remplacer absolument tout, car il y a plus de gésticulation que de « réformes » réelles. Peu importe où on va, à condition de rouler en BM.

Le papier de Libé termine sur une note étrange, toutefois:

Il indique que le chef de l'Etat est «un démocrate ; des personnalités du PS, comme Julien Dray ou Manuel Valls, en sont aussi convaincues que moi».

Primo, ce n'est jamais bon signe quand il faut indiquer qu'un chef d'Etat « est un démocrate », car en général on le dit que s'il y a un doute. « Vladimir Poutine est un vrai démocrate », « Berlusconi est un démocrate ».

Secundo, Bockel implique nommément Dray et Valls. Valls a déjà dit plusieurs bêtises censées montrer sa pugnacité mais qui confirmaient en fait la suprématie du Très Grand Homme (TGH), et j'ai déjà vu des rumeurs sur la complicité de Dray. Est-ce là une nouvelle variante sur la kouchnerture : on ne débauche pas les responsables PS, mais on les impllique. Et s'il y avait une sorte d'accord, ou mini-débauchage de Valls ou de Dray, quelle serait pour eux la contre-partie ?

Et, dernière question : cette ligne de la réforme pour la réforme, l'action pour l'action, le bruit pour le bruit, est-ce celle-là que Sarkozy a vendue à ses débauchés ? Est-ce cette idée là qui leur paraissait si séduisante ? (Je dis cela comme s'il y avait forcément une explication politique.)

25 juillet 2007

Énvervements à gauche

Oui, encore des énervements, mais cette fois c'est avec le PS. Trop de choses énervantes en même temps, ça devient difficile à supporter.

Commençons avec celui qui, que je le veuille ou non, depuis le billet de CSP sera désormais pour moi la Momie, c'est-à-dire, oui, Michel Rocard, qui se montre moins sage et plus actif que je n'avais pensé. Il s'est gentiment proposé pour remplacer Ségolène Royal, et la garce, elle lui a dit « non » en plus! Quel manque de respect pour un homme de son âge, avec une santé si fragile en plus! Quand on pense à ce que cela lui aurait coûté, d'être Président de la République! Vraiment tout fout le camp!

Au moins un peu toujours se venger en disant des choses comme, avec DSK "au moins, la défaite n'aurait pas été certaine". Sauf qu'il s'était déjà vengé, et bien, pendant la campagne. Histoire d'être sûr d'avoir eu raison...

Mais passons aux choses qui sont réellement plus sérieuses. Parlons de la Pensée Elle-même.

Le Monde nous rapporte le séminaire du PS, qui a fait beaucoup moins de bruit que celui de Ségolène Royal, d'ailleurs. D'après Christophe Caresche (député parisien semble-t-il) le Parti serait « complètement nécrosé . Que dirait Aimé Jacquet? Un manque absolu de « gnaque ». Toutefois, le pire n'est pas la simple autoflagellation dépressive, mais une autoflagellation beaucoup plus grave, une autoflagellation carrément sarkozyste. C'est encore Manuel Valls, qui, dans ce registre, n'en loupe plus une. Le PS est

« en décalage avec la société française », selon M. Valls. « L'immobilisme est la marque du PS », déplore le député de l'Essonne, jugeant que, « ce qui a miné ce parti ces dernières années, c'est son incapacité trancher sur un certain nombre de sujets majeurs ».

Sur l'incapacité à trancher sur certains sujets, il n'a pas tort je suppose, mais pour le reste, il semble avoir adopté le même langage qu'Eric Besson, voire de François Fillon dans son célèbre discours au meeting de Lyon, ou encore Copé et ses cloportes. (Quand on s'appelle « Copé » on évite de balancer « cloporte » comme insulte, non?) Immobilisme, mais surtout « en décalage avec la société ». Ils n'ont pas plus d'échine que ça? Finalement, cloporte, ce n'est peut-petre pas si loin de la marque... Pensent-ils gagner en crédibilité en allant le plus loin possible dans l'autohumiliation ? Et même si une telle manoeuvre était profitable, il ne faut jamais prendre pour soi les critiques de l'adversaire!.

Enervement. Enervement.

Je ne sais plus si c'est encore pire, mais dans leur séminaire, ces socialistes réfléchissent aux idées qu'il va falloir trouver pour un jour pouvoir rivaliser avec le Très Grand Homme (TGH). Rocard, d'ailleurs, dit la même chose : il va falloir des décennies, j'exagère, "...des années pour construire une pensée critique de l'économie de marché". Et puis quand ils auront trouvé leurs idées, le TGH, ou Nain II, ou quelqu'un d'autre encore, les piquera avec un slogan bidon. Ni les autocritiques, ni les idées vont remplacer le pouvoir des images. Il a des idées, Sarkozy? Pourtant il a gagné.

En revanche, François Hollande, pour qui je n'ai pas d'estime particulière, a fait un bon entretien dans ce même Monde, où il fait les critiques qu'il faut de Sarkozy.

Bonne nuit!

Update: ai mis le lien vers l'entretien de Hollande.