Affichage des articles dont le libellé est sarkozy. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sarkozy. Afficher tous les articles

16 novembre 2013

Pourquoi ce sera toujours la faute de François Hollande

 

Economie et austérité. Je ne change pas beaucoup de sujet, sauf quand je n'ai pas de sujet du tout. (Voir les onze derniers mois.)

Marco (Alter Oueb) écrit, à propos de la crispation générale du pays décrite dans la lettre secrète des préfets :

François Hollande est devenu clairement la cause de tous les maux et cristallise autour de lui toutes les critiques. Avec son gouvernement, il doit gérer une friche laissée par son prédécesseur et même au-delà : on ne retourne pas en quelques coups de bêche un champ aussi vaste, autant caillouteux. Confronté aux lobbys de toutes sortes, Hollande à reculé un peu sur tous les sujets, surtout ceux concernant les «possédants», et a déçu, même dans son camp. Et alors ? L’eau du bain est chaude depuis un moment. Sarkozy, pour sa part, y a mis un sérieux coup de lance-flamme en tenant chaque nouveau jour des propos plus qu’outranciers, divisant le pays en jetant à la vindicte populaire, le doigt tendu et le rictus aiguisé, telle ou telle catégorie de français, ou de moins français.

Oui, François Hollande est devenu la cause de tout. Quand l'économie va aussi mal, présidents et gouvernements sont rarement populaires. /"It's the economy, stupid."/ Et, bien sûr, le rôle de Sarkozy dans tout cela n'est pas à négliger. Mais…

Mais…

28 juin 2012

Pauvre NKM...

 

À droite, les regrets laissés par la campagne de Nicolas Sarkozy s'expriment en fonction des vues des uns et des autres sur la tête de l'UMP et l'élection présidentielle de 2017. Nathalie Kosciusko-Morizet a sans doute dépassé la plupart de ses camarades en souplesse, ce qui est une qualité essentielle en politique. Déjà, dans son rôle de porte-parole, elle avait signé des performances qui ne méritent pas l'oubli dans lequel elles sont déjà tombées. Ma préférée, au tout début de la campagne de Sarkozy, était quand elle disait :

"Je peux faire la liste des sujets sur lesquels on ne sait pas aujourd'hui ce que pense ou ce que propose François Hollande. La vraie violence, elle est là"

C'est une sorte de trouvaille dans la langue de bois trop enthousiaste de quelqu'un qui n'a pas encore acquis le vernis un peu luisant d'un Jean-François Copé, pour qui respirer la mauvaise foi n'entrave l'apparence de logique.

2 juin 2012

L'erreur fondamentale de Sarkozy

 

Il y a eu des tentatives pour attribuer la défaite de Nicolas Sarkozy non à un quelconque rejet de la droite, mais à sa personne ou à son style. Comme si la seule chose qui pouvait sauver Sarkozy, en tant que force politique et idéologique, était finalement l'antisarkozysme, celui du fameux "microcosme" qui s'est étrangement démultiplié pour faire basculer son score en dessous de 50 %.

J'ai déjà essayé de répondre à cette manipulation. Aujourd'hui, je me mets dans l'hypothèse – celle des "sarkozystes réalistes" – qu'il y aurait un certain nombre de "réformes" qu'il faire dans l'économie française et que la mission du Sarkozy élu en 2007 était de les réaliser. Le thème d'une "modernisation de la France" a attiré, en 2007, beaucoup d'électeurs pas férocement à droite. Chacun a sa petite idée sur les inefficacités de l'État ; en promettant de les réaliser toutes, Sarkozy a créé une certaine attente…

30 mai 2012

Normal : salubrité de l'institution

 

À propos de l'intervention de François Hollande, Thomas Weider écrit :

Surpris, peut-être, que son interlocuteur ne relève pas cette "normalité" à laquelle les précédents présidents ne nous avait pas habitués, François Hollande se fit lui-même - il en a l'habitude - le commentateur de sa propre démarche : "Je ne vous ai pas demandé de venir à l'Elysée", fit-il ainsi remarquer à David Pujadas vers la fin de l'interview. "Je préfère faire simple", lui a-t-il aussi expliqué. C'était une façon de rappeler que la "normalité", en termes de communication politique, n'a d'intérêt que si elle est se donne à voir comme remarquable. Ce qui amènera sans doute François Hollande à se poser un jour la question : comment tirer profit dans la durée d'une "normalité" qui ne tire de sa valeur que parce qu'elle apparaît à un moment donné comme exceptionnelle ? Comment, en somme, éviter avec le temps que la "normalité" ne se banalise ?

29 mai 2012

Zemmour viré : souvenez-vous de PPDA ?

 

Eric Zemmour ne pourra plus vendre ses petites doses de haine réactionnaire sur RTL. Heureusement pour la liberté d'expression, il ne lui manquera pas d'autres surfaces de vente. En général, je n'aime pas les mesures qui suppriment la parole à qui que ce soit. En revanche, si RTL estime que la nostalgie du petit blanc dans la moulinette de la provocation-spectacle ne genère plus le buzz recherché, c'est peut-être un signe du temps malgré tout positif.

Naturellement, la droite court à sa défense, ce martyr sacrifié sur l'autel de la bien-pensance. Quant aux blogueurs républicains (ceux qui ont décidé que tout ce qui est contre la gauche va dans le sens des valeurs républicaines), Zemmour, qui ne faisait que tâcler Taubira, était : "une indispensable bouffée d’air frais" et ils se demandent comment l'intolérance va continuer à s'exprimer.

28 mai 2012

Les lois Hartz et le contre-modèle allemand

 

Tout le monde se souvient du fameux "modèle allemand" qui allait sauver la France à l'époque où Sarkozy ignorait encore que c'était la protection contre la viande halal et la sortie de Schengen qui allaient sauver la France.

Juan écrivait en février :

Depuis bientôt deux ans, Nicolas Sarkozy a choisi le modèle allemand sans qu'on sache vraiment lequel. Il ne cherche pas tant à singer la politique économique ou sociale du gouvernement allemand que de coller au plus près de sa voisine chancelière.

Et j'écrivais :

26 mai 2012

Chers blogueurs de droite...

 

Nous les blogo-gauchistes, nous nous interrogeons beaucoup sur ce que va être cette droitosphère qui va bientôt remplacer la gauchosphère maintenant que sa cible unique est parti au Maroc. Nous nous interrogeons déjà parce que curieusement, malgré la victoire de François Hollande et la défaite quasi simultanée de Nicolas Sarkozy, il ne nous manque pas des choses à dire.

19 mai 2012

Fin des blogs de gauche ? Le cache-sexe antisarkozyste

 

Les médias s'interrogent sur la suite des blogs de gauche, prédisant leur disparition ou leur remplacement par un équivalent de droite.

Voici quelques exemples :

  • Le Monde annonce l'arrivée d'une droitosphère, Romain Pigenel réplique en expliquant la particularité galvanisante de Sarkozy en tant que sujet politique ;
  • L'Express demande : "La défaite de Sarkozy va-t-elle tuer les blogs de gauche?" ; Nicolas J. réplique : "Les blogs de gauche ont un bel avenir devant eux : ce sont les derniers – les seuls ! – à faire de la politique."
  • Le Figaro parle d'une reconversion délicate et Juan met des bons bémols.

Pour résumer, les journalistes voudraient que les choses suivent une logique naturelle et équilibrée : anti-hollandisme et anti-sarkozysme sont symétriques, l'alternance concerne aussi les blogs. Mais surtout, ils ne voient dans les blogs de gauche que leur antisarkozysme, et la conclusion s'impose toute seule : sans Sarkozy, pas de blogs antisarkozyste, pas de blogs de gauche.

16 mai 2012

Copé François-Jean L'envers au monde

 

Petite leçon de communication politique de la droite droitisée prodiguée par Monsieur Sincérité lui-même, le magnifique Jean-François Copé. Aujourd'hui nous allons regarder deux petits exemples survenus récemment qui montrent bien comment il faut s'en prendre à son adversaire politique.

13 mai 2012

Défaite du bonhomme, de ses idées et des idées des voisins

 

Depui la défaite de Nicolas Sarkozy, avec sa sortie presque réussie, une idée ressurgit par-ci par-là, selon laquelle la victoire de Hollande n'était pas écrasante, et que si on corrige le score pour prendre en compte l'anti-sarkozysme, lié à la seule personne de Nicolas Sarkozy (Fouquet's, pépettes, talonettes) et sans lien à sa politique, la victoire serait en réalité pour la droite. Les votes blancs en fournissent la preuve irréfutable.

9 mai 2012

Une majorité UMP-Droite Populaire : quand on y réfléchit, c'est Sarkozy

 
Jean-François Copé, qui n'a aucune difficulté avec les idées du Front National si cela peut servir une campagne présidentielle, ne veut pas du Front National dans des alliances pour les législatives. Il met les points sur les i.
La ligne de l'UMP "est très claire, il n'y aura pas d'alliance électorale ni de discussion avec les dirigeants du Front national" et si localement, certains engagent de telles démarches, "on en tirera toutes les conséquences au niveau national, car ce sera contraire à la ligne de l'UMP", déclare le secrétaire général de l'UMP.
Il y a pourtant la Droite Populaire, sorte de Front National interne à l'UMP. Et à la Droite Populaire, on ne comprend pas cette logique, surtout depuis Marine Le Pen a lâché l'antisémitisme (hors Autriche). Jean-Paul Garraud, député Droite Populaire (Gironde) se demande s'il ne faut pas être "pragmatique" plutôt que de rester "dans les blocages idéologiques".

7 mai 2012

Les Echos proposent dix raisons pour l'échec de Sarkozy. Voyons cela.

La façon dont la défaite de Sarkozy sera interprétée va avoir une certaine importance pour la suite des événements. Parallèlement, on aime utiliser le mot "échec" avec le nom de Sarkozy, et maintenant personne ne viendra nous contredire. Sauf peut-être Valérie Pécresse, Nathalie Kosciusko-Morizet ou l'incomparable Jean-François Copé, qui croient encore à la réussite de leur programme, de leur héros, de leur campagne et même à la survie de leur formation politique. En tout cas, Les Échos ne mâchent pas leurs mots, et présentent Les dix raisons de l'échec de Nicolas Sarkozy. Voyons si on est d'accord.

4 mai 2012

L'Axe du Mal

À Nicolas Sarkozy, en briseurs de digues, en dépuceleur de pudeurs Républicaines (on ne dit plus "droite décomplexée" mais "droite dépucelée"), il ne manque que du temps, le temps d'aller assez loin pour atteindre enfin le coeur de l'électeur xénophobe. Sûrement il y a quelque part une formule magique qui débloque le Niveau 9 du jeu, où soudain le compteur explose et enfin tous les électeurs de Marine Le Pen l'acceuillent bras ouverts, le couvrent de bisous et le portent en triomphe vers l'Élysée. Il fait siffler les journalistes, les élites, mais ce n'est toujours pas assez. Que faut-il dire ? Quel bouc émissaire ? Quelle formule pour enfin être assez droite ? Il cherche. Buisson cherche. Guéant cherche. Ils n'ont plus que quelques heures.

3 mai 2012

Obligation de nuire : un deuxième quinquennat avec Sarkozy serait pire que le premier

Le débat d'hier soir semble avoir remis les pendules à l'heure. François Hollande a brisé l'élan du Très Grand Homme (TGH), cet élan artificiel qui allait de l'anniversaire de Julien Dray, au Trocintox où étaient présents au moins 60 millions de français (certains DOM se sont déplacés intégralement). Le spectre d'un Nicolas Sarkozy capable de manipuler sa propre image commençait à refaire surface, et on pouvait se laisser aller à imaginer que pendant au moins quelques heures, dimanche, une proportion suffisante d'électeurs seraient hypnotisés en allant au bureau de vote pour que le TGH renverse in extremis son impopularité qui dure pourtant depuis années.

30 avril 2012

La "vraie" différence est quand il n'y a pas de différence

« Je n’accepterai pas qu’il n’y ait plus aucune différence entre être français et ne pas l’être »

– Nicolas Sarkozy, meeting de Toulouse, 29 avril 2012

"Je n'accepterai pas", ou plutôt "j'accepterai pas" (nuance cruciale, cette syntaxe décomplexée), c'est une formule fétiche du Très Grand Homme (TGH). Elle est commode, car elle n'implique aucune action. Si la chose visée ne peut pas être arrêtée, le TGH peut continuer à "ne pas l'accepter" (ou à "pas l'accepter"). Il a beau "pas accepter" le chômage, par exemple, il est toujours là. "(Ne) pas accepter" est un état sans date d'expiration. On continue à "pas accepter" jusqu'à ce que les gens oublient. C'est de la résistance bon marché, qui ne mange pas de pain, et qui "passe bien en meeting". Ou à la télé, dès fois.

29 avril 2012

Difficile de faire campagne quand on n'a rien à dire

Ce sera bref.

Depuis vingt-quatre heures, ou un peu plus, Nicolas Sarkozy semble soulagé d'avoir un sujet sur lequel il peut railler la gauche. DSK est parfait, car bien sûr il y a du sexe, ou il y en avait, et donc les médias relaient, les gens écoutent. Un bon sujet pour quelqu'un comme Sarkozy. Le fait que la réalité de l'affaire, c'est qu'une sorte d'entretien a été publié, plus des bonnes feuilles qu'un entretien d'ailleurs. En somme, il ne se passe rien, ou presque, mais cela n'empêche pas la campagne Sarkozy de réagir : fortement, vivement, déspespérément, maladivement.

28 avril 2012

UMP : Soudain, comme ça, Sarkozy est devenu xénophobe ?

Il y a désormais un consensus médiatique : Nicolas Sarkozy court après le Front National, pille son programme, est parti dans une "course à l'échalote". La chose est admise, par les médias et par un certain nombre de membres de la majorité. La course après le Front National existe désormais aux yeux du plus grand nombre. Seul Sarkozy lui-même peut encore nier, avec sa fausse naïveté siropeuse habituelle, qui lui permet de dire une chose et son contraire selon les publics.

En préparation pour le cataclysme annoncé, une partie de l'UMP commence tout doucement à prendre ses distances avec son candidat et ses excès. L'Express, par exemple, nous dit que "Gaullistes, centristes, humanistes… Tous tiennent à rappeler que l'UMP n'est pas qu'une droite qui fait la course au FN."

Peu à peu, les "modérés" de l'UMP semblent prendre leurs distances. On rend Patrick Buisson responsable de tout. C'est un gourou qui aurait hypnotisé le Très Grand Homme (TGH) :

« C’est un gourou total! Il a une influence irrationnelle sur le président, qui l’appelle trois fois par jour », raconte, dépité, un membre de l’équipe de campagne.

Surtout, les "grands" de l'UMP, ceux qui souhaitaient une campagne avec un vrai capitaine, une vraie barque et une vraie tempête, voient dans Buisson l'explication de leurs ennuis actuels :

Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, et le chef du gouvernement, François Fillon, accuseraient même Patrick Buisson d’avoir favorisé l’extrême droite au premier tour. "Voilà où Buisson nous a conduits, râle Alain Juppé le 22 avril au soir, selon 'Le Canard Enchaîné'. Il devait faire baisser le Front et Marine Le Pen fait 1,6 million de voix de plus que son père [en 2002, NDLR]".

C'est la faute à Sarkozy, mais encore plus la faute à Buisson, avec ses pouvoirs occultes, qui aurait poussé son Président dans une sorte de démence.

Après l'élection les couteaux vont sortir et nous verrons beaucoup de créativité dans les manières de prendre de la distance vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Le culte de l'homme fort, et la peur d'être designé comme responsable de la défaite suffisent à tenir presque tout le monde. Bientôt ils vont pouvoir chanter tous : "ce n'était pas nous, nous on est les gentils". (Enfin pas tous : il y a aussi ceux qui ne rêvent que d'avoir l'occasion de partir d'un virage droitier sans retour. Ils suivront leur chef sans doute.)

Donc, à tous ces humanistes, modérés, "vrais gaullistes", adultes responsables, républicains "authentiques", je voudrais simplement suggérer que c'est un peu tard de se réveiller, et que cela fait cinq ans que dure la dérive droitière, xénophobe et anti-républicaine de Sarkozy. Et je voudrais suggérer que cela ne dérangait personne à l'UMP tant que leur "soupe" n'était pas menacée par une défaite, qu'il n'y a pas eu beaucoup d'objecteurs de conscience parmi leurs rangs. Je voudrais surtout leur faire comprendre que ce n'est pas en criant "Patrick Buisson ! Patrick Buisson !" qu'ils vont pouvoir se laver de tout ce qu'a fait Sarkozy à cette République dont ils se réclament.

Ce qui se passe actuellement n'est que le dévoilement au grand jour de ce qui se prépare depuis cinq ans, ou davantage encore. Un coup d'accelérateur juste en arrivant devant le mur, mais pas un coup de volant. L'UMP modéré a-t-il oublié Hortefeux, Besson et Guéant ? Patrick Buisson avait-il mangé les cerveaux de ces augustes défenseurs des droits de l'homme avant de réussir à atteindre les sept cerveaux de Sarkozy ? Le pacte avec le diable fut réalisé en 2007, ou avant, quand l'UMP a réussi à siphonner les idées du Front National. Le "diable" ce n'est pas le FN, ou la famille Le Pen, mais leurs idées, qui salissent tous ceux qui les reprennent.

N'essayez donc pas, chers "modérés", de vous détacher soudain de Sarkozy. Vous étiez là, vous étiez au courant, vous avez profité. Pour être humaniste il fallait se réveiller plus tôt.

27 avril 2012

Trop d'étrangers ? Répondre à une question piégée

Avez-vous arrêté de battre votre femme ?

Euh… je n'ai jamais…

Oui ou non ! Pas d'esquive !

Pujadas, hier soir, pose encore à François Hollande la question : "y a-t-il trop d'étrangers en France ?" Hollande dit, une fois de plus, qu'il n'expulserait pas les étrangers en situation régulière, mais expulserait ceux en situation irrégulière. Pujadas le presse sur sa "conviction" ou son "sentiment" intime : "trop d'étrangers ?"

François Hollande ne veut pas répondre "non, il n'y en a pas trop", sachant qu'aussitôt la droite l'accusera de vouloir les portes à "toute la misère du monde". Il ne va pas quand même dire "oui, il y en a trop", justifiant ainsi tous les fantasmes xénophobes de la majorité anti-républicaine de l'UMP. Et le format télévisuel, les exigences de la communication ne permettent pas à Hollande d'expliquer que la question est terriblement biaisée, piègée et sortie tout droit de la rhétorique sarko-mariniste. (Voilà un concept : le sarko-marinisme. Seulement cinq réponses sur Google pour l'instant.)

Bien évidemment, la question, débarrassée de sa fausse naïveté, est plutôt : "est-ce que notre problème, ce n'est pas l'excès d'étrangers ?" En poussant, on remplace "étrangers" par "immigrés" (la question c'est "l'immigration" après tout), on ajoute un peu de "halal", un peu du "vote communautaire", une dose de "Tariq Ramadan" et la triangulation thématique s'enclenche. Plutôt que parler des flux migratoires nous sommes en train parler, encore une fois, de la place de l'Islam dans la société.

Hollande répond effectivement en refusant la question, sans pour autant dire qu'il la refuse. Il essaie de prendre de la hauteur, il parle en homme d'État : expulser ou ne pas expulser ? Le téléjournaliste veut de l'émotion, du sentiment, veut finalement qu'il se place dans la dimension sarkozyste, ce monde imaginaire, celui du petit village français, où tout est symbolique et où la réalité importe peu. Hollande évite de se laisser entrainer sur ce terrain et c'est tant mieux. Le prix à payer, du moins aux yeux des journalistes, c'était de sembler "esquiver" la question, et de tomber dans l'un des autres éléments de langague de l'UMP.

La journaliste du Monde sur le plateau n'hésite pas à enfoncer le clou, et c'est ce qui apparaît dans le résumé que le journal publie ce matin :

Le candidat PS, qui passait le premier, s'est efforcé de se poser en opposition à son adversaire et d'apparaître aussi "présidentiel" que possible, même s'il a parfois donné l'impression d'esquiver.

Si c'est le prix à payer, tant pis. Je garde le regret, cependant, que le candidat n'ait pas explosé la question elle-même. C'est toujours plus facile de trouver des réponses après coup. Voici la mienne :

Trop d'étrangers en France ? Vous voulez dire : est-ce le problème de la France qu'il y a trop d'étrangers ? Le candidat sortant, comme d'ailleurs la candidate du Front National, voudraient nous faire croire que les "immigrés" sont la cause de tous nos problèmes, le chômage, les déficits de nos comptes sociaux. C'est une manière de nous détourner des vrais problèmes et des vraies solutions. C'est ça l'esquive.

Edit: Voir le billet de Dagrouik publié presque simaultanément.

25 avril 2012

Les électeurs du Front National et la gauche

Depuis longtemps, sur ce blog, je fustige la xénophobie et son exploitation par le pouvoir sarkozyste. Puisque je parlais de Sarkozy, de l'UMP, d'Hortefeux, Besson et Guéant, et surtout de la communication et des idées, je ne me suis pas préoccupé de ceux qui vote réellement pour Marine Le Pen. Ce qui m'interessait, c'était la responsabilité des responsables politiques qui exploitaient certains sentiments.

Et avant de commencer, il faut savoir que je crois beaucoup à la dimension pédagogique des discours politiques. Sarkozy et Le Pen ne s'alignent pas sur une xénophobie qui est simplement là déjà ; ils apprennent à leurs électeurs à être xénophobes, à comprendre l'ensemble des questions sociales et économiques à travers la lentille de l'islamophobie, qui a remplacé l'antisémitisme dans les rouages du populisme de droite.

Cela ne veut pas le racisme et la peur de l'autre n'existeraient pas sans Sarkozy et la famille Le Pen. Le rôle est de valider, d'encourager ce sentiment, de le nourrir et d'enrichir son application à une vision du monde. Ainsi va le trafic des raccourcis habituel : insécurité ? immigation ; chômage ? immigration ; déficits ? immigration ; Europe ? fermer les frontières (ou sortir de l'euro). Tous les bouleversements des vingt dernières années -- mondialisation, désindustrialisation, deuil des Trente Glorieuses -- sont remplacés dans ces représentations par un équivalent en carton-pâte où tout tourne autour de la figure de l'immigré et la nostalgie d'un passé d'avant la décolonialisation. (Car, comme je l'ai dit tant fois déjà, "l'immigré" qu'on voudrait empêcher de penétrer dans l'espace Schengen, est en fait ce Français dont les grand-parents sont nés au Maghreb.)

Mais les électeurs eux-mêmes ? Et Hollande et le PS, que doivent-ils faire devant ce 19% ? Aujourd'hui Marc Vasseur touittait ceci :

à la louche FN : 1/3 fachos (un peu moins je pense) 1/3 réac droitards 1/3 déclassement/oublié (un peu plus)

Cela me paraît assez raisonnable. (Voir aussi ZeRedac.) Ce qui voudrait dire que la différence entre un FN à 12% et un FN 19%, c'est ce gros tiers qui, si tout était transparent et logique, ne serait pas à sa place chez Le Pen.

La démarche de Hollande me semble parfaitement claire et justifée à cet égard :

Sur l'immigration, j'ai dit ce que j'avais à dire. Je m’adresse à ceux qui ont fait le choix et qui l'ont fait par colère, par frustration, souvent des ouvriers, des employés, à ceux qui connaissent le chômage. Et quand vous regardez une carte sur le vote FN et une sur le chômage, vous avez parfois coïncidence. Je ne dois pas les laisser de côté.

Mais le message peut-il passer ? C'est là que revient le problème "pédagogique". Hollande a beau dire : si on combat la précarité, vous allez être mieux, vous aurez moins peur de l'Islam. Celui qui a ainsi succombé aux mystifications du Front National ne peut plus comprendre les choses ainsi, et ne croit pas de toute façon à la capacité des instances politiques de résoudre ses problèmes concrets. Reste donc l'immigré comme "problème" fantasmatique, dans une immédiateté qui prend le dessus sur les subtilités de la macroéconomie.

Il y a donc un effort à faire envers ceux que Marc désigne par "déclassement/oubliés", un effort de communication, certes, mais c'est seulement sur le long terme. L'État Français et le Front National, ensemble, font leur propre "pédagogie" depuis cinq ou dix ans, pour le premier, et des décénnies pour le second. Il sera difficile d'effacer cela rapidement.

Pour la droite (ancienne droite républicaine), les choses sont plus compliquées encore, ce que montre le très fort rejet de Nicolas Sarkozy, justement chez les électeurs de l'extrême droite. On parle de 44% seulement de report de voix en faveur de ce dernier. C'est faible. Le succès de Sarkozy en 2007 était fondé dans l'illusion qui consiste à faire croire que les défenseurs du grand capital vont améliorer la vie des déclassés simplement en chassant les Arabes. La dérive actuelle du chef de l'État montre que pour maintenir l'illusion, il doit aller de plus en plus loin dans le sens de la xénophobie. Comme un héroïnomane qui sans cesse besoin d'augmenter sa dose. Chantons avec Carla : tu es ma came….

24 avril 2012

Sarkozy, un homme faible

Sarkozy est en train de rater sa sortie.

Il a été dit suffisamment que son mandat ne laissera aucun symbole positif, genre abolition de la peine de mort ou même suppression du service militaire obligatoire. Le passif en revanche est assez lourd. Les adorateurs fidèles pouvaient encore espérer que la ligne "il a obéi tranquillement à Merkel pendant la crise" assurerait à leur héros au moins une image de grand homme d'État.

Il pouvait perdre tranquillement et même se dire victime collatérale de la crise qui a balayé tant d'autres chefs d'État européens. Il pouvait tenter de sauver les meubles en se montrant à la hauteur, digne.

Dupont : Nous bander les yeux ?… Jamais de la vie : un Dupont veut voir la mort en face…

Dupond : Je dirais même plus : un Dupond veut voir la fort en masse !…

Mais non. Il sera de ceux qui s'aggrippe à leur fauteuil jusqu'au dernier moment, comme il gardait le stylo roumain. Ne rien lâcher. Parfois, Monsieur le P., le brave est celui qui sait renoncer. Sarkozy est en train de parfaire le portrait que l'on gardera de lui : celui qui était toujours prêt à s'abaisser pour plaire. Souvenez-vous de ses discours siropeux à Washington, Londres et Rome où s'est senti le besoin de séduire les plus forts, même parfois contre son propre pays. Il n'est pas difficile d'imaginer que son ascension fulgurante dans les rangs du RPR était due à cette tendance à flatter ses supérieurs.

Manque de chance (mais c'est plutôt karmique) : le dernier "plus fort" auquel il aura affaire pendant son mandat, ce sera les électeurs du Front National. Et comme d'habitude, son intérêt personnel va prendre le dessus. Il est difficile de dire qu'il sert encore une cause, tant il est prêt à trahir les idéaux qu'il était censé défendre. La seule cause qui reste est la sienne, et pour l'avancer il part séduire les électeurs de l'ennemi héréditaire du mouvement gaulliste, en donnant des gages de crédibilité républicaine à cette force de mystification qui trafique le malheur des gens avec une illusion xénophobe fondamentalement dangereuse, fondamentalement et irrévocablement anti-républicaine.

C'est la dernière "France" qui lui reste à séduire. Il n'hésite pas, il se lance, s'abaisse, nous rabaisse en même temps, détruit ce qui lui restait de crédibilité historique dans la vaine tentative de grappiller quelques points. Bassesse, faiblesse, petitesse, mesquinerie, narcissisme.

Si c'est bien cette image que l'histoire gardera de Nicolas Sarkozy, il aura tout fait pour la mériter.