Comme tout le monde le sait, le classement Wikio des blogs politiques
est sorti hier, ou même un peu plus tôt, puisque Donatien était cette
fois en avance sur tout le monde.
Plutôt que de refaire ce classement, ou d'en profiter pour faire des
liens vers les blogs des copains, je voudrais signaler, outre le
maintien miraculeux de ce blog à la treizième place, le véritable
événement de ce classement se trouve à la 88ème place...
Pas besoin de cliquer pour savoir de quoi ou de qui je parle : c'est
le blog d'Yves Jégo! On savait déjà que Monsieur Jégo était beaucoup
de choses : Secretaire d'État, maire de Montereau-Fault-Yonne,
responsable des nouveaux adhérents à l'UMP, (ancien) député... on le découvre
également auteur de thrillers historiques et biographe (de Gaulle), et
surtout blogueur. Comme quoi...
(Je dis tout de suite que je ne vais pas pour autant me mettre à
tutoyer ce nouveau confrère, ou à me permettre la moindre
familiarité... Si vous ne savez pas pourquoi, lisez un peu plus loin.)
Je n'ai lu ni 1661, ni La Conspiration Bosch (un roman qui ne raconte
pas les déboires d'un fabricant allemand de pièces automobiles et
d'électroportatif au XVIe siècle), mais je suis persuadé que Monsieur
Jégo y a passé un plus de temps qu'à son blog, qui ressemble le plus
souvent aux autres blogs des hommes politiques, qu'ils soient
apparatchiks ou, comme Monsieur Jégo, pas apparatchiks. Mais de temps
en temps il y a une perle, comme ce billet, le plus récent à l'instant
où je tapote ces caractères.
Déjà le titre vous réveille. Après des copies de dépêches AFP, comme
Jégo annonce un accord avec les socio-professionnels, ou même des
billets, autographes et sans doute brillants, comme
Première pierre au Centre Hospitalier de Montereau, c'est tout de même
autre chose que lire, tout d'un coup :
A propos de l'exhibitionniste du Festival de Montereau !
Non, nous ne sommes pas chez les boulets, pas plus que nous ne sommes
chez les apparatchiks. Non, c'est sérieux, c'est du très sérieux, du
lourd. Car on finit par deviner que Monsieur Yves Jégo ne blague
pas. Enfin, qu'il ne blague pas beaucoup, ou du moins qu'il y a
certains sujets à propos desquels il est peu enclin à
blaguer. Peut-être. C'est une hypothèse. A vrai dire je n'en sais
rien. (Il faut faire attention, je ne voudrais pas que l'on puisse me
reprocher d'insinuer que Monsieur Yves Jégo manque d'humour ou qu'il
souffre de la moindre pathologie de ce point de vue là. D'ailleurs
nous allons voir tout à l'heure un excellent exemple de son humour. Je
ne veux rien dire d'autre avec ce billet que ceci : Monsieur Yves
Jégo, Secretaire d'Etat, est quelqu'un de bien, et qu'en plus ce n'est
pas du tout un apparatchik. Je désavoue d'emblée toute autre
interprétation de ce billet.)
Mais revenons donc à notre exhibitionniste. Je veux dire (il faut
toujours être très précis) : celui du Festival de Montereau, un
chanteur dans un groupe punk local, les Locataires. Voici le
compte-rendu de l'incident dressé par Monsieur Jégo lui-même, chez
20 minutes :
le chanteur d'un groupe punk que la mairie avait invité a pété les
plombs. Il s'en ai pris à Faudel, le traitant de «salaud» puis a
crié «à mort l'UMP». Quand il m'a vu dans le public, il m'a
traité «d'enculé».
Visiblement, ce chanteur n'avait peur de rien, normal pour un punk qui
avait, paraît-il, 2,25 (ou 2,30 selon le Fig) grammes d'alcool par par
litre de sang. Yves Jégo poursuit sa description de la scène :
En revanche, quand il a commencé à se caresser, montrer ses fesses
et se mettre à poil, là cela n'était pas acceptable.
Et voilà donc notre bon Monsieur Jégo obligé de sortir l'arme à longue
portée des poursuites judiciaires. Et là c'est l'occasion de s'en
expliquer sur son blog.
J'ai pour ma part pris pour habitude de ne jamais saisir la
justice pour des insultes à caractère politique sauf évidemment
lorsque mon honnêteté ou ma vie privée était mise en cause ce qui n'
était pas le cas en l'espèce.
Là, le respectable Monsieur Jégo fait allusion au procès fait contre
un blogueur local qui l'avait traité, entre autres, de... tenez-vous
bien... "apparatchik". C'est pour cela que je tiens à préciser à
chaque fois que j'en ai la possibilité, que Monsier Yves Jégo n'est
pas un apparatchik.
J'avais promis une blague, la voici. Yves Jégo termine son entretien
chez 20 minutes sur ce qui ne peut être qu'une boutade :
J'ai porté plainte pour outrage à la pudeur caractérisé. Le
commissaire de police m'a dit qu'il avait 2,25 grammes d'alcool
par litre de sang. En douze édition, c'est le premier incident. Il
n'a duré que dix minutes mais bon, finalement, il y a du bon... ça
nous permet de médiatiser notre festival.
La publicité est toujours bonne à prendre, même sous la forme d'un
chanteur punk exhibitionniste. Le Dieu de la pub agit de façon
mystérieuse, il ne faut pas vraiment essayer de comprendre. Curieux,
tout de même, de s'en féliciter, puisque apparamment le véritable
problème, avec cet incident, c'était le choc qu'ont dû supporter les
enfants.
En tout cas, bravo Monsieur Jégo, Celui qui n'est Pas un Apparatchik,
pour cette 88e place bien méritée.
Update: Monsieur Jégo n'est plus député, en fait. Je corrige, même si je ne pense pas qu'on puisse me poursuivre pour l'avoir traité de député.