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12 octobre 2012

Ebuzzing : un classement insignifiant

 

Il y a, depuis hier soir, une petite échauffourée dans la blogosphère, entre les Leftblogs et la société Ebuzzing, responsable du classement des blogs politiques, l'ancien classement Wikio. Est en cause la présence dans le classement d'un non-blog, accessoirement d'extrême droite. En effet, fdesouche ne fait que de publier des liens vers des articles de presse pouvant conforter son xénophobe dans leurs opinions. Si je trouve parfaitement normal que des blogs d'extrême droite aient leur place dans la blogosphère (et il y en a : celui de Rioufol par exemple), un aggrégateur de liens n'est pas un blog, et en laissant ses commentateurs faire le sale boulot, cette machine communautaire fait entrer, de façon détournée et sans possiblité de vrai débat de blog à blog, une énorme quantité de n'importe quoi haineux.

Mais l'échauffourée en question ne concerne pas directement fdesouche, mais la société Ebuzzing.

Quelques réactions des confrères :

Et ma réaction ?

29 septembre 2012

Le pour et le contre

 

Depuis quelques jours et quelques billets, j'essaie de me positionner par rapport aux perspectives offertes par le hollandisme naissant, et surtout celle de ce TSCG qui se profile. Le problème, c'est ce que, comme dirait Zuckerberg, "c'est compliqué".

Tentative de tout démêler.

(Note aux lecteurs non-blogueurs : quand je n'écris pas, je peux avoir des idées très floues sur toutes ces questions ; c'est seulement quand il faut commencer aligner des mots et des arguments que les choses se précisent dans mon esprit, fût-ce provisoirement. C'est une grosse partie de l'intérêt du bloggage. Au risque de paraître comme un vieux grincheux, le tweet, parcellaire par essence, ne provoque pas le même processus.)

12 juillet 2012

Blogs de gauche : un contre-pouvoir quand même ?

 

Ou plutôt contre-média.

Récemment, j'ai rencontré, en chair et en os, Marc Vasseur, que connais depuis cinq ans, virtuellement, comme tous mes amis blogueurs. C'était la première fois que je serre la main à une personne que je connais grâce à la blogosphère. C'était la confirmation que les amitiés virtuelles ne sont pas, en fait, virtuelles, du moins quand il s'agit de gens qui s'engagent dans l'écriture et la durée.

En tout cas, l'un des sujets que nous avons abordés, c'était celle de la raison d'être du blog de gauche, dès lors qu'il n'y a plus un pouvoir de droite à combattre. Bien sûr, personne ne sait quel est le véritable poids des blogs à l'intérieur du grand jeu de la démocratie : quelque part entre "aucun" et "on ne sait pas". Je finis par conclure qu'en l'état actuel les blogs (et leurs blogueurs) ne constituent pas une force politique, mais sont plutôt un média, et c'est pour cette raison que les politiques et les médias ne peuvent pas nous ignorer, et sans pour autant nous reconnaître quoi que ce soit. On finit même par se rendre compte que les "réseaux sociaux" finissent par alimenter les blogs, ou s'alimenter avec le contenu des blogs.

Admettons donc que cela sert à quelque chose d'avoir une blogosphère. Ce n'est pas si fantaisiste : le fait que sommes lus, parfois courtisés ou exploités laisse quand même penser que tout ce bruit aboutit quelque part.

26 mai 2012

Chers blogueurs de droite...

 

Nous les blogo-gauchistes, nous nous interrogeons beaucoup sur ce que va être cette droitosphère qui va bientôt remplacer la gauchosphère maintenant que sa cible unique est parti au Maroc. Nous nous interrogeons déjà parce que curieusement, malgré la victoire de François Hollande et la défaite quasi simultanée de Nicolas Sarkozy, il ne nous manque pas des choses à dire.

19 mai 2012

Fin des blogs de gauche ? Le cache-sexe antisarkozyste

 

Les médias s'interrogent sur la suite des blogs de gauche, prédisant leur disparition ou leur remplacement par un équivalent de droite.

Voici quelques exemples :

  • Le Monde annonce l'arrivée d'une droitosphère, Romain Pigenel réplique en expliquant la particularité galvanisante de Sarkozy en tant que sujet politique ;
  • L'Express demande : "La défaite de Sarkozy va-t-elle tuer les blogs de gauche?" ; Nicolas J. réplique : "Les blogs de gauche ont un bel avenir devant eux : ce sont les derniers – les seuls ! – à faire de la politique."
  • Le Figaro parle d'une reconversion délicate et Juan met des bons bémols.

Pour résumer, les journalistes voudraient que les choses suivent une logique naturelle et équilibrée : anti-hollandisme et anti-sarkozysme sont symétriques, l'alternance concerne aussi les blogs. Mais surtout, ils ne voient dans les blogs de gauche que leur antisarkozysme, et la conclusion s'impose toute seule : sans Sarkozy, pas de blogs antisarkozyste, pas de blogs de gauche.

10 mai 2012

Changement : dites « bonjour » aux Eléments

Ce blog vient de changer de nom et d'apparence. Ce n'est pas facile pour moi de lâcher la formule qui m'a si bien servi pendant ces cinq dernières années, mais "La pire Racaille" sent trop le sarkozysme pour être utile, pour être motivant. C'est le moment de couper.

Le soir du 6 mai, j'ai dit que j'allais réfléchir à une nouvelle formule. Moins de hargne, plus de suggestion, de réflexion, y compris dans le vide. Parfois, la blogosphère ne semble pas propice au développement d'idées, mais je trouve plaisant de réfléchir tout haut même si c'est pour enfoncer des portes ouvertes. Et tant qu'il y aura des Jean-François Copé, il faudra quand même revenir de temps en temps à la bonne vieille désintox. Ou même beaucoup si jamais on se retrouve dans une cohabitation…

Le nouveau nom – et le nouveau look (qui est encore expérimental pour l'instant) – sont censés correspondre à l'idée que les blogs peuvent participer à ce grand travail de reformulation et de réinvention des mots et des idées politiques, miniscule morceau par miniscule morceau.

26 novembre 2008

Malaise

Martine Aubry est "élue" au poste de Première Secretaire ; la foire médiatique arrive à sa fin.

J'éprouve un étrange malaise, en tant que blogueur de gauche, blogueur d'opposition au sarkozysme triomphant. Permettez-moi quelques lignes de nombrilisme.

Au départ je pensais que le rôle des blogs politiques de gauche serait de seconder le PS dans sa lutte contre le sarkozyzme. Je constate maintenant combien j'étais naïf. Après une première année passée dans la critique quotidienne du Très Grand Homme (TGH), il m'est apparu que, dans cette Vème République quinquenassée où l'opposition n'a en général pas mieux à faire que de se quereller de toute façon, l'opposition des mots n'était utile qu'en présence d'une véritable et viable opposition politique.

C'est à partir de ce moment-là que j'ai commencé à essayer de réfléchir, avec une forte dose de naïveté, sur ce que pouvait être une pensée de gauche un peu renouvellée. Depuis la désignation de Martine Aubry hier soir, je suis un coupé dans mon élan. Pas envie d'être une opposition à l'intérieur de l'opposition. Ce n'est pas la peine de tirer sur sa propre ambulance. Pas envie de simplement rallier cet appareil, la machine, que je fustige depuis longtemps. Pas envie de rejoindre le jospinisme qui a réussi à se survivre encore. François Hollande va nous manquer, parce qu'au moins avec lui rien ne se passait, on pouvait donc tout espérer.

Alors qu'est-ce qu'il faut faire ? Le traître anti-aubryste parmi les socialo-traîtres ? Je ne sais pas encore. D'où le malaise. Je sais seulement que cette designation me pousse vers un nouveau virage. Vers des réflexions un peu plus détachées du PS, vers une sorte de gauchitude plus abstraite. Peut-être. Je réfléchis.

6 novembre 2008

La blogoss attitude, c'est quoi ?

Juan m'a tagger. C'est l'heure de la Blogoss attitude. Voici ce que je dois faire, ce que je risque :

Principe : Sur la base de 5 définitions de la blogoss-attitude, tu dois nommer un blog ami ou pas et dire pourquoi …

Tu dois informer les blogs nommés, charge à eux de continuer la chaine … si par malheur, tu venais interrompre la chaine, ton blog sera frappé des pires malheurs … poursuite en justice par l'UMP, plus aucun visiteur, une suppression immédiate du classement WIKIO, plus aucun réferencement dans GOOGLE et un mal de crane pendant 3 jours ...

C'est donc grave. Qu'est-ce que la Blogoss attitude? C'est multiple, il faut répondre par des blogs. Alors...

Blogoss Bad

"Bad" au sens de "Bad-ass" comme disait Juan, ou encore "Bad" comme le chantait Michael Jackson.

J'aurais mis Dagrouik dans cette catégorie, pour son mode "attack-total" lorsqu'il s'en prend à quelqu'un. Mais Dagrouik a promis une punition particulièrement sévère à tous ceux qui pourraient le mettre dans une quelconque chaîne. Mais Dagrouik n'est pas l'unique option pour cette catégorie. Il y a heureusement d'autres options. Comme Donatien, qui ne doit pas souvent écouter Michael Jackson ces jours-ci. On n'a pas forcément envie d'être la cible de Donatien. Les UMPistes sont prévenus.

Blogoss Mad

"Mad" comme "fou" ou comme "en colère" ? Ce n'est pas précisé dans le mode d'emploi, mais comme c'est dans cette rubrique que Juan m'a classé, je vais choisir celui-ci plutôt que celui-là. Mais au vu de son pseudo, avec kamizole on peut mélanger les deux. Kamizole n'est pas contente. Kamizole propose un "indice de la connerie" pour accompagner les autres indices financiers.

Blogoss top

Gaël se la joue modeste. C'était pour mieux dissimuler ses super-pouvoirs. Et désormais c'est loupé : on a enfin reconnu son statut de zinfluent. Gaël mérite cette rubrique parce qu'il respire la blogosphéricité et il en maîtrise, avec son style de Boulet, toutes les techniques. (Ah zut ! c'est lui qui avait taggé CC... Tant pis, c'est peut-être moi le boulet.)

Blogoss life

Monsieur Poireau est blogueur politique. Mais pas seulement (et je ne parle même pas de ses autres incarnations). Surtout, il a le don d'articuler langage, politique, vie et web dans une tonalité que l'on ne trouve que chez lui.

Blogoss attitude

Jon a commencé à bloguer il n'y a pas si longtemps, mais il était déjà connu, en tant que commentateur de luxe, et en tant que touitteur au Tinyurl plus vite que son ombre. Car à fréquenter Jon, on se rend compte qu'il toujours un lien pertinent qu'il peut déclencher en quelques secondes. Mais de lecteur, Jon est devenu blogueur avec son blog militant qui aurait pu figurer dans toutes les autres catégories de ce classement.

Et voilà, ouf. Suis quitte, j'évite la malédiction. Pour l'instant.

30 octobre 2008

Inénarrable

C'est par Gaël, lui-même alerté par Marc, qui j'ai appris la nouvelle : après le procès contre Fansolo, c'est l'estimé Olivier Bonnet qui est mis en examen pour ses activités blogistiques. Allez voir chez lui si vous ne l'avez pas encore fait.

Je le qualifie d'abord d' "inénarrable". La belle affaire. "Inexprimable, inracontable, indicible, incommunicable", donne le dictionnaire comme sens premier, suivi de "cocasse, bizarre, comique, drôle, grotesque, fantaisiste". Bon. Plus loin, j'écris : "On peut donc légitimement s'interroger, connaissant le CV de ce magistrat, sur son « indépendance » dans le cadre d'un tel procès, tant il est évident qu'il est en « coma professionnel avancé »" "Injures publiques", prétend mon adversaire.

On savait, grâce à la jurisprudence Yves Jégo qu'il était interdit sous la Cinquième République de traiter un homme politique d'"apparatchik". Désormais, il faut faire attention avec "inénnarable". Bon à savoir : on ne dit pas "l'inénnarable Nicolas Sarkozy", on dit... Nicolas Sarkozy est un grand défenseur de la liberté d'expression.

Tout de même, en ce moment, les règles qui gouvernent la parole politique sont en train de subir certaines pressions :

Excusez-moi, mais ça commence à devenir inénarrable, tout ça.

Oh ! Pardon...

12 octobre 2008

Lisez le Monolecte

Un billet pour signaler simplement un magnifique billet du Monolecte. Si pour une raison quelconque vous ne l'avez pas déjà lu, allez-y tout de suite. Ça vaut le détour.

25 septembre 2008

Quand l'Europe songeait à venir jouer avec nos blogs

J'arrive encore une fois pour la fumée des cierges : les Left_blogs ont fait un nouveau billet commun, cette fois pour protester contre la proposition d'une députée européenne PSE, Marianne Mikko, qui aurait souhaité que les blogs aient des "labels" afin de préciser leur réalité juridique et pour savoir "qui est derrière un blog". Alors, je viens d'apprendre, par le biais de De tout et de rien, surtout de rien d'ailleurs, que le Parlement européen à rejeté cette proposition, fermement, en soulignant que

les blogs représentent une nouvelle contribution importante à la liberté d'expression et constituent un moyen de plus en plus utilisé, tant par les professionnels des médias que les particuliers.

Ouf! Je n'aurai pas à militer pour la création d'un label "blog politique anonyme avec référence culinaire dans le pseudo". Vous imaginez mon soulagement, surtout qu'il aurait fallu traduire mon label en toutes les langes de l'Union.

Bref, on continue comme avant, ce qui est une bonne nouvelle : les blogs continueront à être jugés par leurs lecteurs.

La mauvaise nouvelle dans cette histoire, finalement plus ridicule que sombre, c'est qu'une députée PSE ait cru nécessaire d'aller réglementer la blogosphère. Ce n'était même pas Yves Jégo (celui dont on ne dit jamais du mal), qui, certes, n'est pas député européen, ce qui est tout à fait à son honneur.

J'en conclus que le pouvoir n'aime pas l'extrême liberté de parole que nous offre le blog. Le pouvoir, sous toutes ses formes, préfère les médias où la parole est lestée d'intérêts économiques. Le pouvoir préfère quand il peut coincer ceux qui parlent un peu trop. Bravo donc, au Parlement européen.

Voici le billet commun des Left_blogs. Je vous laisse imaginer la fumée des cierges autour :

Marianne Mikko, députée PSE au parlement européen, a présenté le 22 septembre en séance plénière un rapport sur la concentration et le pluralisme dans les médias dans l'Union européenne. Ce rapport doit être soumis au vote aujourd'hui, jeudi 25 septembre.

Nous avons relevé dans les attendus du rapport les éléments suivants :

"O. considérant que les blogs constituent un moyen de plus en plus ordinaire de s'exprimer, tant pour les professionnels des médias que pour les particuliers, que le statut de leurs auteurs et éditeurs, notamment leur statut juridique, n'est ni déterminé ni clairement indiqué aux lecteurs des blogs, ce qui entraine des incertitudes quant à l'impartialité, la fiabilité, la protection des sources, l'applicabilité des codes d'éthique et l'attribution des
responsabilités en cas de poursuites en justice;
"

Et dans les propositions, ceci :

"7. propose l'introduction de redevances adaptées à la valeur commerciale du contenu généré par des utilisateurs ainsi que de codes d'éthique et de règles
d'utilisation pour les contenus générés par les utilisateurs dans les publications commerciales;
[...]
9. suggère – que ce soit par le biais d'une législation ou autrement – de clarifier le statut des
blogs et encourage leur labellisation en fonction des responsabilités professionnelles et financières et des intérêts de leurs auteurs et éditeurs;
"

Ce dernier point nous fait immédiatement penser au permis de bloguer, déjà mainte fois évoqué et toujours repoussé car ne correspondant en rien aux besoins ni aux usages en cours sur la toile.

Une fois de plus nous vient des instances européennes, ici le parlement, une initiative qui frappe, mais toujours pour les mêmes mauvaises raisons:

* Manque d'à propos dans un contexte de crise financière, de ralentissement économique, de flambée des prix.
* Interventionnisme déplacé, aveugle aux difficultés sociales mais focalisé sur le contrôle d'une société dont le mouvement est perçu comme une menace.

Tout se passe comme si le niveau d'action européen, dessaisi des questions majeures touchant à l'économie et au social, tournait son tropisme bureaucratique vers l'activité citoyenne.

Le parlement européen, et le PSE en particulier, doit se ressaisir et comprendre que son déficit d'image auprès des populations devrait plutôt le conduire à prendre des initiatives dans les domaines où il est -vivement- attendu, comme le PS.

En revanche, et pour rester constructifs, l'alinéa suivant nous parait intéressant dans la mesure où il garantirait l'existence du service audio-visuel public, mis à mal par les projets de Nicolas Sarkozy sur le financement de France-Télévision ainsi que sur la nomination de son président.

"13 recommande que les dispositions règlementant les aides d'État soient appliquées de façon
à permettre aux médias de service public de remplir leur rôle dans un environnement dynamique, tout en évitant une concurrence déloyale qui entrainerait l'appauvrissement du paysage médiatique;"

31 août 2008

Vite, des blogs

Soudain, Juan (marquis de Sarkofrance) m'avertit qu'il est aujourd'hui Blog Day. CC en a déjà profité pour parler des left_blogs. Moi, ces temps-ci, je n'ai tout simplement pas le temps de bloguer. Ce ne sont pas les sujets qui manquent, pourtant, ni les choses à dire. Dans une semaine ou deux je devrais être à nouveau placé pour reprendre mon rythme habituel. Pour l'instant, je décupabilise.

Mais bon, c'est Blog Day (une chaîne destinée à faire exploser le Pagerank du site blogday.org), alors je fais un billet quand même. Il faut citer cinq blogs à découvrir. Allez, voici mes cinq:

Voilà, faut que je file. A bientôt.

16 août 2008

"On était tellement 2.0..."

Une page se tourne dans la blogosphère.

Plus que les états d'âme de Laure Manaudou, le feuilleton de l'été ici dans la blogosphère a surtout concerné une sorte d'attaque contre nous autres "blogueurs de gauche", regroupés depuis quelques mois sous le nom de Left_blogs.

Nous avons vu, depuis un an, la montée progressive des blogs de gauche dans le classement Wikio des blogs politiques, y compris (et c'est important de le signaler) les blogs ne faisant pas partie des Left_blogs, comme Lait d'beu (37e) ou Didier B. (35e). Le succès des Vigilants, que je constate à chaque fois que je regarde l'origine des visites ici, témoigne aussi d'une indéniable vague gauchiste sur l'internet. Ensuite il y a eu la création, par Dagrouik à partir de son blogroll tout simplement, d'un journal "Left_blogs" sur Cozop qui a, surtout, donné un nom public à un nébuleux de blogueurs qui se connaissaient déjà. Dernier développement (heureux) : le site des Left_blogs commence à prendre forme. C'est ici left_blogs.info. Ça donne un peu plus de visibilité encore à ce qui n'est, à la base, qu'un vague rassemblement de socialistes et de sympathisants. Jusque là tout va bien.

Le 22 juillet, la plupart des Left_blogs publient un billet commun : "Jack Lang n'est plus socialiste". S'ensuivit du buzz, y compris dans la presse. Le vase a débordé, quelques célébrités de la blogosphère politique française (de droite ou de centre-droite) ont décidé de sortir l'artillerie lourde pour lancer des insultes et des accusations de toutes sortes contre nous autres gauchistes, la plupart du temps sur le thème du "ils trichent en se faisant des liens pour monter dans les classements", ajoutant en général, "tandis que nous, on s'en fout des classements". Ouaip.

(A ce jour, je n'ai rien vu qui puisse m'éclairer sur la distinction entre "monter dans le Wikio grâce à des liens entre copains", et "tricher pour monter dans le Wikio grâce à des liens entre copains".)

D'ailleurs on voit mal le lien entre Jack Lang et le classement des blogs politiques, mais la coïncidence entre quelques heures de célébrité pour les Left_blogs et le début des affrontement bloguësques est significative. L'élite des blogs, sans doute encore sous le choc du départ du meilleur d'entre eux, versac, n'a pas supporté. (Lire l'analyse et les conseils très sages d'Eric Mainville.) Et depuis, on se chamaille gentiment.

Tout cela n'a que très peu d'importance, ou même aucune. Et si j'en parle, ce n'est pas pour prendre la défense de mon équipe, qui n'a pas du tout besoin d'être défendue, mais parce que, à force d'avancer des arguments divers, on en arrive à une sorte de remise en cause de l'activité blogique elle-même, du moins dans son application politique.

Si tout d'un coup l'existence même des Left_blogs est devenue un sujet de polémique, c'est que leur présence constitue une modification du terrain de "jeu" qu'est la blogosphère politique. Sans lui donner trop d'importance, le départ de Versac symbolise bien ce qui est en train de se passer. Il était le plus visible de cette prémière génération de zinfluents qui ont été les premiers à se rendre compte du potentiel de ce format, et à en profiter. S'il y a une caractéristique qui permet de réunir ces blogs-là, c'est leur dimension autoréférentielle. "Bloguer" était un truc "technique", et par là digne de beaucoup de réflexion : effet des blogs sur la politique, nouvelles dynamiques citoyennes, nouveau ci, nouveau ça. Chez versac c'était presque systématique, mais les grandes figures de la blogoisie passaient beaucoup de temps à se demander ce qu'était un blog.

Versac a blogué pendant cinq ans, paraît-il. Dans la vie de l'internet, c'est une éternité. Deux éternités peut-être. Pendant ces cinq ans, bloguer a cessé d'être une technique technico-sociale de pointe pour devenir une activité presque banale. N'importe quel collégien a son Skyblog.

Ne pourrait-on pas dire qu'un média atteint une certaine forme de maturité dès lors qu'il sert à parler d'autre chose que lui-même? Les Left_blogs, comme bien d'autres blogs, sont de cette génération là : le blog est alors simplement une façon d'avoir une activité politique. Si cela pouvait exister ailleurs que sur l'internet, ou autrement qu'avec des supers machins Web 2.0, ces blogueurs là n'hésiteraient pas à changer d'outils.

Du coup, je commence à me dire que la boucle de rétroaction (feedback loop) entre l'incroyable chose nouvelle qu'était le blog et l'image du gourou du Web qui maîtrisait l'outil, boucle dans laquelle le fait de vanter le média revenait à gonfler sa propre image, permettant de mieux encore vanter le média, et ainsi de suite, cette boucle-là a enfin arrêté de fonctionner. La "blogoisie" était constituée de ces seigneurs du Blog. Abadinte disait l'autre jour que certains d'entre eux étaient devenus "inaudible". Il a raison. Leur réaction aujourd'hui est, me semble-t-il, en toute modestie, le signe du refus de passer à un nouveau paradigme, celui, bien plus simple pourtant, du blog qui sert à parler de, par exemple, politique.

11 juillet 2008

Chains of love

Nicolas J. vient de me taguer, dans une chaîne (oui, encore une, et j'en ai d'autres encore en retard) lancée par Juan. Alors, si vous ne l'avez pas encore vue celle-ci, tenez-vous bien. Il faut trouver à Nicolas Sarkozy quatre qualités. Oui, ils ont bien dit "qualités". Quatre. Zut alors...

Mais bon, au boulot la France qui blogue dur! Voici la solution au problème.

  1. Nicolas Sarkozy est sage. Jamais une parole de trop, ni un mot déplacé, il reste en permanence maître de lui-même. En somme un vrai homme d'Etat.
  2. Nicolas Sarkozy a le coeur à gauche. Je n'invente pas ! C'est lui qui le dit. Mais au-delà des paroles, ses actions prouvent combien c'est vrai. Ce qui saute aux yeux, c'est qu'il est guidé par un souci permanent pour le bien-être des plus faibles. De ce point de vue, il est vraiment le père de la Nation que les Français, égarés, cherchaient.
  3. Nicolas Sarkozy est un excellent diplomate. Cela va avec la sagesse, mais la dépasse aussi : il a le sens de la stratégie à long terme. Il suffit de voir les différentes victoires qu'il a remportées. Pensez par exemple à Kadhaffi. Pensez à l'Irelande. Pensez aux excellentes relations qu'il a su instaurer avec la Chancelière Merkel.
  4. Nicolas Sarkozy est grand. Mais je n'ai pas attendu Juan et Nicolas pour l'appeler le Très Grand Homme.

Ouf. Finalement, ce n'était pas si difficile.

Alors, taggons peu mais taguons bien... Il faut cinq victimes. Il y a kamizole qui s'impose, mais aussi flo py, Donatien, Circé et, juste pour voir, un blogueur avec qui je n'ai jamais parlé mais qui fait de très bons billets : yrduab de Cent idées pour....

Amusez-vous bien!

2 juillet 2008

Cent blogs politiques et un punk exhibitionniste

Comme tout le monde le sait, le classement Wikio des blogs politiques est sorti hier, ou même un peu plus tôt, puisque Donatien était cette fois en avance sur tout le monde.

Plutôt que de refaire ce classement, ou d'en profiter pour faire des liens vers les blogs des copains, je voudrais signaler, outre le maintien miraculeux de ce blog à la treizième place, le véritable événement de ce classement se trouve à la 88ème place...

Pas besoin de cliquer pour savoir de quoi ou de qui je parle : c'est le blog d'Yves Jégo! On savait déjà que Monsieur Jégo était beaucoup de choses : Secretaire d'État, maire de Montereau-Fault-Yonne, responsable des nouveaux adhérents à l'UMP, (ancien) député... on le découvre également auteur de thrillers historiques et biographe (de Gaulle), et surtout blogueur. Comme quoi...

(Je dis tout de suite que je ne vais pas pour autant me mettre à tutoyer ce nouveau confrère, ou à me permettre la moindre familiarité... Si vous ne savez pas pourquoi, lisez un peu plus loin.)

Je n'ai lu ni 1661, ni La Conspiration Bosch (un roman qui ne raconte pas les déboires d'un fabricant allemand de pièces automobiles et d'électroportatif au XVIe siècle), mais je suis persuadé que Monsieur Jégo y a passé un plus de temps qu'à son blog, qui ressemble le plus souvent aux autres blogs des hommes politiques, qu'ils soient apparatchiks ou, comme Monsieur Jégo, pas apparatchiks. Mais de temps en temps il y a une perle, comme ce billet, le plus récent à l'instant où je tapote ces caractères.

Déjà le titre vous réveille. Après des copies de dépêches AFP, comme Jégo annonce un accord avec les socio-professionnels, ou même des billets, autographes et sans doute brillants, comme Première pierre au Centre Hospitalier de Montereau, c'est tout de même autre chose que lire, tout d'un coup :

A propos de l'exhibitionniste du Festival de Montereau !

Non, nous ne sommes pas chez les boulets, pas plus que nous ne sommes chez les apparatchiks. Non, c'est sérieux, c'est du très sérieux, du lourd. Car on finit par deviner que Monsieur Yves Jégo ne blague pas. Enfin, qu'il ne blague pas beaucoup, ou du moins qu'il y a certains sujets à propos desquels il est peu enclin à blaguer. Peut-être. C'est une hypothèse. A vrai dire je n'en sais rien. (Il faut faire attention, je ne voudrais pas que l'on puisse me reprocher d'insinuer que Monsieur Yves Jégo manque d'humour ou qu'il souffre de la moindre pathologie de ce point de vue là. D'ailleurs nous allons voir tout à l'heure un excellent exemple de son humour. Je ne veux rien dire d'autre avec ce billet que ceci : Monsieur Yves Jégo, Secretaire d'Etat, est quelqu'un de bien, et qu'en plus ce n'est pas du tout un apparatchik. Je désavoue d'emblée toute autre interprétation de ce billet.)

Mais revenons donc à notre exhibitionniste. Je veux dire (il faut toujours être très précis) : celui du Festival de Montereau, un chanteur dans un groupe punk local, les Locataires. Voici le compte-rendu de l'incident dressé par Monsieur Jégo lui-même, chez 20 minutes :

le chanteur d'un groupe punk que la mairie avait invité a pété les plombs. Il s'en ai pris à Faudel, le traitant de «salaud» puis a crié «à mort l'UMP». Quand il m'a vu dans le public, il m'a traité «d'enculé».

Visiblement, ce chanteur n'avait peur de rien, normal pour un punk qui avait, paraît-il, 2,25 (ou 2,30 selon le Fig) grammes d'alcool par par litre de sang. Yves Jégo poursuit sa description de la scène :

En revanche, quand il a commencé à se caresser, montrer ses fesses et se mettre à poil, là cela n'était pas acceptable.

Et voilà donc notre bon Monsieur Jégo obligé de sortir l'arme à longue portée des poursuites judiciaires. Et là c'est l'occasion de s'en expliquer sur son blog.

J'ai pour ma part pris pour habitude de ne jamais saisir la justice pour des insultes à caractère politique sauf évidemment lorsque mon honnêteté ou ma vie privée était mise en cause ce qui n' était pas le cas en l'espèce.

Là, le respectable Monsieur Jégo fait allusion au procès fait contre un blogueur local qui l'avait traité, entre autres, de... tenez-vous bien... "apparatchik". C'est pour cela que je tiens à préciser à chaque fois que j'en ai la possibilité, que Monsier Yves Jégo n'est pas un apparatchik.

J'avais promis une blague, la voici. Yves Jégo termine son entretien chez 20 minutes sur ce qui ne peut être qu'une boutade :

J'ai porté plainte pour outrage à la pudeur caractérisé. Le commissaire de police m'a dit qu'il avait 2,25 grammes d'alcool par litre de sang. En douze édition, c'est le premier incident. Il n'a duré que dix minutes mais bon, finalement, il y a du bon... ça nous permet de médiatiser notre festival.

La publicité est toujours bonne à prendre, même sous la forme d'un chanteur punk exhibitionniste. Le Dieu de la pub agit de façon mystérieuse, il ne faut pas vraiment essayer de comprendre. Curieux, tout de même, de s'en féliciter, puisque apparamment le véritable problème, avec cet incident, c'était le choc qu'ont dû supporter les enfants.

En tout cas, bravo Monsieur Jégo, Celui qui n'est Pas un Apparatchik, pour cette 88e place bien méritée.

Update: Monsieur Jégo n'est plus député, en fait. Je corrige, même si je ne pense pas qu'on puisse me poursuivre pour l'avoir traité de député.

25 juin 2008

Loudéac (la guerre aux blogs)

C'est triste, mais on ne compte plus les cas de blogueurs politiques à qui on fait des procès. Enfin, si, on les compte, car s'il y a un domaine où les blogueurs doivent d'être tout particulièrement, c'est bien celui-là, la protection de leur propre liberté d'expression.

N'étant pas juriste, je ne sais pas quelle est la stratégie appropriée. Etant en revanche blogueur, j'ai néanmoins l'impression qu'il est surtout important de faire du bruit, afin que les auteurs de ces procès paient un prix, en termes d'image.

Le face-à-face entre un élu UMP et un blogueur n'est pas à armes égales dès lors qu'il s'agit de la justice. Les blogueurs, qui ne sont même pas bénévoles (puisque ne travaillant que pour eux-mêmes, au fond), n'ont pas, la plupart du temps, de ressources pour résister à ce genre d'attaque. La seule façon de rétablir la symétrie, c'est donc de crier plus fort, et là, la blogosphère a quelques atouts qui ne sont pas forcément négligeable.

Ainsi, j'espère que personne n'oubliera qu'Yves Jégo a traîné en justice un blogueur qui a osé le traité d'"apparatchik". Franchement, dire de Monsieur Jégo que c'est un "apparatchik", c'est inadmissible. On peut se demander si le pauvre s'en est remis de ce traumatisme. Heureusement que François Fillon lui a donné un poste pour le consoler.

Mais venons-en aux faits. C'est Nicolas J. qui nous renseigne sur le cas de Louis, ce blogueur à Loudéac, la municipalité surtout connue pour avoir produit l'un de nos blogueurs les plus influents, traîné en justice par le maire de la commune, apparamment pour avoir parler de "fascisme" dans un billet traitant des élections municipales. Gaël en parle aussi, ainsi qu'Antoine_B.

Espérons que le bruit se transformera en buzz, et que le buzz se transforme en bruit, et ainsi de suite.

21 juin 2008

Kamizole libre

Lait d'beu est revenu après neuf jours d'"incidents techniques". Est-ce une façon pour Le Monde d'encourager kamizole à chercher un plateforme de blogage mieux adapté à une parole véritablement libre? Ou de la simple incompétence ? Toujours est-il que kamizole s'est offert un nouveau blog, le Rabicoin, ce qui signifie, apparamment, en solognot, "un espace réduit dans la maison : appentis, arrière-cuisine, débarras".

Je n'ai pas pu m'ajouter au buzz pro-kamizole. Heureusement que Circé et Gaël étaient là.

15 juin 2008

J'arrive... bientôt

Une semaine sans billet, et j'en suis malade. Enfin, presque. Je n'avais pas prévu cette absence, mais parfois il y a trop à faire dans le monde de la viande pour blogueur correctement. J'espère revenir vite, mais je sais par avance que c'est toujours difficile de retrouver son rythme. D'autant plus que ces gauchitudes sont plus difficile à écrire que ce que j'avais envisagé. Tant pis. Je sais ce qui va être dans le prochain numéro, dès que j'aurais le temps de le faire.

En attendant, la blogosphère bouillonne : les amis blogueurs ont discuté avec Ségolène Royal, Lait d'beu est encore suspendu, ce qui est inquiétant quand même, Olivier Bonnet a un nouveau site tout beau (il faut remettre à jour les aggrégateurs et les liens). Bref, une semaine que j'aurais préféré ne pas manquer.

Là je pars en voyage, en général c'est l'occasion de bloguer un peu plus.

A bientôt.

5 juin 2008

La blogosphère propose

Une brève pause dans les gauchitudes pour remarquer que curieusement, d'autres que moi sont parti dans une direction semblable au même moment, sans aucune concertation. Je pense notamment à Peuples qui nous fait un bel article. Mais Nicolas J. s'y lance aussi, s'interrogeant sur la gauche et lui. Ou lui et la gauche, il faudrait que je relise son bille.

Et puis Didier B. avait, il y a bien longtemps, commencer à fabriquer son propre programme politique. Sans oublier bien sûr Congrès Socialiste par ses Militants (CSPSM), qui s'est donné pour but de lancer justement ce type de réflexion.

Pas besoin d'être un spécialiste de la Webpolitic_2.0 pour voir que, en l'absence d'un débat d'autre chose que de positionnement, la blogosphère chercher, en tatonnant, à prendre le relais.

Pour ma part, il est fatiguant, à la longue, de ne faire que de taper sur Sarkozy. (Je ne sais pas comment Juan fait pour rester aussi vigilant, en ce moment j'aurais plutôt tendance à m'endormir au volant.) Et, du point de vue de l'efficacité, il devient de plus en plus évident que l'opposition à Sarkozy, à Fillon, à Copé (mon préféré pour l'instant) ne sera vraiment utile que si une alternative politique existe. Alors, il faut réfléchir. Heureusement qu'on est nombreux.

Souhaitez-nous bon courage!

13 mai 2008

Blogosphéricité (on fait quoi là?)

De temps en temps on s'arrête pour se demander ce qu'on fait. Ou on ne s'arrête pas, mais on se le demande quand même. Ce weekend a été l'un de ces moments, pour moi mais aussi pour d'autres, comme Donatien, Maxime et oRélie. Est-ce que ça sert à quelque chose de s'époumonner sur les blogs, de se rassembler, de se disputer, alors que l'influence politique de tous ces mots et de tous ces pixels est parfaitement intangible.

Pourtant, chaque jour le Web devient un peu plus un champ de bataille politique. On s'est bien moqué de l'interactivité de Désirs d'avenir, et encore du nom Congrès Utile et Serein, dont on ne sait si le choix était naïf, manipulateur, ironique... ou tout cela en même temps. Bertrand Delanoë lance Clarté, courage, créativité et puis aujourd'hui on découvre Terra Nova qui n'est pas une agence de voyage spécialiste de l'Amérique Latine, mais une sorte de think tank à la Gracques_2.0, dirigé par un ensemble de notables de gauche. A priori, cela ressemble au Monde devenu une sorte de parti politique.

Mais je digresse... L'internet est un espace politique, et les blogs ont un rôle à y jouer, justement parce qu'ils ne sont pas le produit de telle fondation, parti ou think-tank, mais un endroit où les gens, les mal-lavés peuvent dire ce qui leur passe par la tête. La question devient, alors : quand on tient un blog politique, est-ce qu'on fait de la politique?

Ce matin, Nicolas J a réussi à résumer tout ce billet qui n'était même pas écrit en un seul twit:

@marcvasseur : je ne fais de politique ! J'écris dans un blog.

Quand je dis que Nicolas a résumé ma pensée, c'est qu'il me semble essentiel de distinguer l'action politique au sens traditionnel, et l'activité blogoësque. Non que celle-ci doit être complètement détachée de celle-là. La beauté des blogs, c'est justement qu'ils sont si libres qu'ils peuvent s'attacher à, ou se détacher de, tout et n'importe quoi. Nicolas, encore lui, nous rappelle souvent que l'influence des blogs est nulle ou quasi-nulle. Il a raison : le poids de la blogosphère dans les grandes tractations politiques sera toujours zéro. Le modèle syndical ou militant des blogs qui se mettent ensemble, deviennent une force, impose quelque chose aux partis... cela ne pourra pas marcher : les blogueurs, au départ, ne représentent qu'eux-mêmes.

Et pourtant, l'influence réelle des blogs peut être grande. Pas en termes d'action politique, mais en termes de représentations. Car, avec tous ces mots que nous balançons et que l'on nous rebalance, nous finissons par créer des représentations, ou par infléchir, ou dégrader, ou nuancer celles que les médias et les institutions déversent sur nous. C'est donc là, à mon avis, le pouvoir, la force des blogs.

Un exemple : le travail incessant de Juan de Sarkofrance, qui mérite d'être souligné à chaque occasion. Peu à peu, on commence à reprendre ses Nème en sarkofrance, d'abord sur Betapolitique, ensuite sur le site de Marianne. Y a-t-il un lien allant du blog jusqu'à la désormais célèbre couverture, "Putain! quatre ans", qui a réussi à énerver notre Très Grand Homme (TGH) :

Selon plusieurs témoignages, le président a détaillé ses récriminations à l'encontre des journaux. Il aurait aussi visé Marianne, dont la dernière "Une" titrait, sur une photo du président, "Putain 4 ans!", et a accusé le Journal du dimanche de ne pas avoir publié dans son édition papier un sondage plus positif que les autres sur sa récente intervention à la télévision.

Je n'en sais rien. Peut-être.

Toujours est-il que c'est dans ce domaine que les blogs pourront "faire quelque chose", exercer non pas un pouvoir politique, mais influencer, infléchir la vision de la sphère politique. C'est-à-dire en restant des blogs.